Les Etats-Unis vont expulser les personnes transgenres de l’armée sauf dérogations spéciales, selon une note de service du Pentagone, publiée mercredi 26 février, et qui apparaît comme un nouveau coup porté à la communauté LGBT+.
« Les militaires qui ont un diagnostic ou des antécédents de dysphorie de genre, ou qui présentent des symptômes compatibles avec celle-ci, seront sorties du service [actif] », précise la note, publiée dans le cadre d’une procédure judiciaire. Le nouveau président américain, Donald Trump, avait déjà signé, à la fin de janvier, un décret interdisant le recrutement de personnes trans dans l’armée, une décision contestée en justice.
La note, dévoilée dans le cadre de cette procédure, révèle que désormais les personnes trans déjà dans l’armée encourent, elles aussi, une expulsion du service actif. Seules des dérogations « au cas par cas », justifiant d’un « intérêt gouvernemental impérieux » à conserver certaines membres de l’armée, pourront être accordées, précise le mémo.
Pour obtenir une telle dérogation, les intéressés devront, en outre, prouver qu’ils n’ont jamais tenté de transition de genre et qu’ils ont passé « trente-six mois consécutifs dans une situation stable » sur le plan social et professionnel notamment, selon ce texte.
Concernant le recrutement, des dérogations pourront également être accordées en cas d’« intérêt gouvernemental impérieux » à ce que ces candidats rejoignent l’armée. Ceux-ci devront de plus se montrer « désireux et capables d’adhérer à toutes les normes applicables, y compris les normes liées au sexe du candidat ». Ces nouvelles mesures devraient commencer à entrer en vigueur dans trente jours, selon le texte.
Disposition levée en 2016, annulée en 2019, puis rétablie en 2021
L’armée américaine avait levé en 2016, pendant le second mandat du démocrate Barack Obama, l’interdiction faite aux personnes transgenres de servir dans l’armée. La première administration Trump avait déjà réussi à faire annuler cette disposition en 2019 à l’issue d’une longue bataille juridique tranchée par la Cour suprême. Dès son investiture en 2021, le démocrate Joe Biden avait toutefois rétabli l’autorisation faite aux personnes trans de servir dans l’armée.
Dans son décret de janvier, M. Trump avait jugé qu’« exprimer une fausse “identité de genre”, divergente du sexe d’un individu ne peut satisfaire aux normes rigoureuses nécessaires au service militaire ».
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Conformément à ses promesses de campagne, le dirigeant républicain a également mis fin le mois dernier aux aides publiques aux agences fédérales pour les traitements de transition de genre des mineurs, médicamenteux comme chirurgicaux.
Soutenu par un électorat en partie très conservateur, Donald Trump a, à plusieurs reprises, juré d’en finir avec ce qu’il qualifie d’« idéologie transgenre » voire de « délire transgenre », tout comme il fustige les politiques de diversité, promues par la gauche américaine.
Dès son investiture, le président avait affirmé que son administration n’allait « reconnaître » l’existence que de « deux sexes ». « Pour nous assurer que nous disposons de la force combattante la plus létale au monde, nous allons débarrasser notre armée de l’idéologie transgenre », avait-il assené à la fin de janvier.