- L’Assemblée nationale a adopté ce jeudi une résolution du RN visant à dénoncer l’accord de 1968 créant un régime d’immigration favorable pour les Algériens.
- Bruno Retailleau, qui l’avait demandé lorsqu’il était ministre de l’Intérieur, appelle Emmanuel Macron à prendre en compte ce vote inédit qui a réuni des élus LR et Horizons.
- De son côté, le Premier ministre Sébastien Lecornu estime que le texte doit être « renégocié » car il appartient à « une autre époque ».
Bruno Retailleau met la pression sur Emmanuel Macron. Dans un communiqué diffusé après l’adoption par l’Assemblée nationale d’une résolution déposée par le RN afin de « dénoncer »
l’accord franco-algérien de 1968, l’ancien ministre de l’Intérieur appelle le chef de l’État à prendre en compte le vote des députés. « Le président de la République, qui a choisi de s’en remettre à la démocratie parlementaire pour sortir de la crise politique, ne peut ignorer ce vote »
, affirme-t-il, l’incitant également à faire preuve de « fermeté »
avec Alger.
Cet accord, signé six ans après la fin de la guerre d’Algérie, crée un régime d’immigration favorable pour les Algériens, qui n’ont pas besoin de visa spécifique pour rester plus de 3 mois dans l’Hexagone et accèdent plus rapidement que les autres étrangers aux titres de séjour pour 10 ans, y compris dans le cadre du regroupement familial. Président des Républicains, Bruno Retailleau, l’avait demandée en début d’année, lorsqu’il était en poste place Beauvau, face au refus d’Alger de reprendre ses ressortissants sous obligation de quitter le territoire français (OQTF).
« Une journée historique » pour Marine Le Pen
Réclamée de longue date par la droite et l’extrême droite, la dénonciation de ce traité a obtenu une majorité de justesse : avec 185 voix contre 184, soit la totalité des troupes de Marine Le Pen et de son allié UDR Éric Ciotti, et la moitié des groupes LR et Horizons. Désormais, « il faut que le gouvernement tienne compte du vote de l’Assemblée nationale »
, a jugé une Marine Le Pen triomphante, se félicitant d’une « journée que l’on peut qualifier d’historique »
pour son parti.
« Quand le RN porte des projets ou des convictions que nous partageons, il n’y a aucune raison de ne pas voter ce que nous voulons pour notre pays »
, a justifié le chef des élus LR Laurent Wauquiez. Du côté du parti d’Édouard Philippe également, « nous demandons cette dénonciation »
, a rappelé le député Sylvain Berrios, soutenant un texte présenté comme « un mandat donné au gouvernement pour qu’il fasse son travail ».
Alors que la gauche s’est mobilisée pour faire barrage sans toutefois faire le plein, avec 143 voix cumulées contre le texte sur un total de 195, les critiques se sont concentrées sur Gabriel Attal et son groupe Ensemble pour la République, dont seulement 30 députés ont voté contre. Telle était pourtant la consigne, selon un cadre attaliste, quand bien même le leader du parti Renaissance avait lui-même appelé à dénoncer l’accord de 1968.
Interrogé dans l’après-midi en marge d’un déplacement à Carentan (Manche), le Premier ministre Sébastien Lecornu a estimé qu’il fallait « renégocier »
l’accord de 1968 « parce qu’il appartient à une autre époque »
. Il a toutefois précisé que « c’est le président de la République qui est garant des traités, qui les négocie et qui les signe ».
Il a rappelé que la politique étrangère de la France, « n’est pas faite par des résolutions au Parlement »
, celle votée jeudi n’étant pas contraignante. « Ce qui n’empêche pas de respecter le vote de ce matin »
, a-t-il ajouté.








