Ahmed Tobasi ne sait pas où il habitera dans deux semaines. Ce qu’il sait, c’est qu’il joue au Théâtre national de Strasbourg, jusqu’au 7 mars, son spectacle And Here I Am, qui a mis toute la salle debout à l’issue de la première représentation, mardi 25 février. Parce qu’il y raconte la Palestine sous occupation israélienne à hauteur d’homme, en faisant vivre sa propre histoire d’enfant du camp de Jénine, en Cisjordanie, avec un humour ravageur qui coupe court à toute polémique.
Le spectacle, créé en 2017 et qui tourne en France et dans le monde, en particulier depuis octobre 2023, a pris une portée nouvelle ces derniers jours. Depuis plus d’un mois, l’armée israélienne mène dans les camps de réfugiés du nord de la Cisjordanie une opération « antiterroriste », qui a conduit à l’expulsion de plus de 40 000 personnes. Mardi 25 février, elle a déployé dans la région de Jénine une division de chars, une première en Cisjordanie depuis la seconde Intifada, en 2002.
Début janvier, Ahmed Tobasi est parti à Santiago du Chili pour jouer And Here I Am au festival de théâtre Santiago a Mil. Depuis, le directeur artistique du Freedom Theatre de Jénine, fragile rempart culturel contre la folie généralisée dans cette région, n’a jamais pu rentrer chez lui. Détenteur d’un passeport norvégien, il a été accueilli quelque temps à Amman, en Jordanie, avant d’arriver en France.
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