- Le 10 octobre, en Lituanie, une opération d’Interpol a permis de démanteler une « ferme à cartes SIM » qui aurait fait des milliers de victimes dans toute l’Europe.
- Les escrocs envoyaient quotidiennement à des millions d’Européens des messages frauduleux pour les amener à communiquer leurs coordonnées bancaires.
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Le 20H
C’est un gros coup. Plus tôt ce mois-ci, les services de police de plusieurs pays européens ont démantelé un réseau criminel international qui opérait depuis la Lituanie. Nommée « Simcartel », l’opération a permis l’interpellation de cinq cybercriminels, ainsi que la saisie de cinq serveurs, de 40.000 cartes SIM actives et de plusieurs centaines de milliers encore inactives, mais prêtes à l’emploi. Les escrocs s’en servaient pour envoyer des SMS frauduleux, ces fameux messages envoyés depuis des numéros inconnus qui prétendent provenir de La Poste ou l’Assurance maladie, incitant les consommateurs à cliquer sur un lien dans le but de récupérer leurs coordonnées bancaires.
Rien que depuis le début de l’année, au moins 50.000 personnes ont été victimes de ce type d’escroquerie en France. Sur sa chaîne YouTube (nouvelle fenêtre), Victor Baissait alerte sur les arnaques en ligne depuis de nombreuses années. Nous lui avons montré les images. « Là, il y en a peut-être des milliers, voire des dizaines ou des centaines de milliers »
, relève le spécialiste dans le reportage en tête de cet article. Derrière ce business illégal et lucratif se cachent des organisations criminelles, mais aussi des petits escrocs qui agissent par opportunisme.
Car pour pratiquer ce genre d’arnaque, il suffit de s’y connaître un peu en informatique et d’avoir le bon logiciel. Ensuite, les escrocs sont capables d’envoyer en masse des messages d’arnaques à des millions de personnes, sans avoir à lever le petit doigt.
Un business très lucratif
« Chaque dispositif fonctionne de manière individuelle. C’est-à-dire [qu’il] va envoyer avec une routine qui va relancer de manière systématique des messages. Il n’y a pas d’intervention humaine directement »
, explique Florence Sedes, chercheuse à l’Institut de recherche informatique de Toulouse (IRIT). Selon Interpol, l’organisation criminelle, qui fournissait ses services à d’autres cybercriminels, a fait des milliers de victimes dans toute l’Europe, escroquant des millions d’euros. Rien qu’en Autriche, les victimes du réseau ont versé 4,5 millions d’euros au groupuscule, indique l’agence de police criminelle européenne dans un communiqué.
Les autorités enquêtent toujours sur l’ampleur du réseau, qui pourrait être encore plus vaste qu’escompté. Pour l’heure, 431.000 euros ont été saisis sur les comptes bancaires des suspects et quatre voitures de luxe confisquées. La somme de 333.000 dollars en cryptomonnaies a également été saisie. Le mois dernier, les services secrets américains avaient annoncé avoir démantelé une « ferme à cartes SIM » comprenant plus de 100.000 cartes SIM et 300 serveurs, à New York, aux États-Unis. Face à la hausse du « smishing », contraction de « SMS » et de « phishing » (« hameçonnage » en anglais), de nombreux pays ont instauré des plateformes de signalement, comme le 33.700 en France.










