Le gouvernement a demandé aux préfets, dans la foulée de l’attentat de Mulhouse, de mieux s’assurer du suivi psychiatrique des personnes fichées dans le cadre de la prévention du terrorisme, selon une circulaire consultée, jeudi 27 février, par l’Agence France-Presse (AFP).
Ce document, qui remonte à mercredi et émane des ministères de l’intérieur et de la santé, entend que les préfets vérifient le « bon suivi socio-sanitaire des individus inscrits au FSPRT », le fichier de traitement des signalements pour la prévention de la radicalisation à caractère terroriste.
La circulaire fait explicitement mention de l’attentat de Mulhouse, au cours duquel un passant a été tué au couteau. Le suspect, un Algérien en situation irrégulière, était fiché au FSPRT et, par ailleurs, présentait un profil « schizophrène », selon le ministre de l’intérieur, Bruno Retailleau.
« Il est demandé à l’ensemble des préfets de se rapprocher sans délai des directeurs généraux des agences régionales de santé », selon la circulaire. L’objectif est de « mobiliser les psychiatres » des « groupes d’évaluation départementaux », instances chargées d’évaluer la situation des personnes fichées pour radicalisation.
Les soignants devront identifier les personnes atteintes de troubles psychiatriques et vérifier qu’elles sont suivies. « Les individus dont la prise en charge n’était pas assurée antérieurement devront être adressés vers un établissement de santé ou un professionnel de santé en ville », poursuit le document. « La pertinence de mesures d’hospitalisation » sera aussi étudiée, est-il précisé. « Les préfets veilleront à assurer le suivi des étrangers en situation irrégulière concernés y compris lors de leur placement en rétention ou [s’ils ont] assignés à résidence », ajoute la circulaire.
Le suivi psychiatrique des auteurs d’attentat a déjà fait l’objet de polémiques. Fin 2023, Gérald Darmanin, alors ministre de l’intérieur, avait critiqué un « ratage » sur ce plan, après une attaque meurtrière au couteau commise près de la tour Eiffel par un homme fiché pour islamisme radical.
Cette prise de position avait été vivement critiquée par nombre de psychiatres, estimant que leur profession servait de bouc émissaire aux pouvoirs publics.