
Sous le nuage noir, il y a ces yeux alertes, ces visages abîmés par la guerre et l’exil, et l’attente fébrile que le visiteur du jour les considère et leur permette d’envisager un autre avenir. Mercredi 18 février, Hadja Lahbib, la commissaire européenne chargée de l’aide humanitaire, est venue se rendre compte de l’état de l’urgence existant dans le camp de réfugiés congolais de Cishemere, près du village de Cibitoke, au nord-ouest du Burundi.
A 60 kilomètres de Bujumbura, la capitale économique, les tentes sont quasiment installées sur la frontière avec le Sud-Kivu, la région de l’est de la République démocratique du Congo (RDC) d’où sont originaires les milliers de réfugiés installés dans ce camp de transit aux conditions plus que précaires.
« Pour la plupart, nous sommes arrivés le 6 décembre 2025, lors de l’offensive du Mouvement du 23 mars [M23] vers Uvira », témoigne François Mboboci Mukangya, 40 ans, devenu le porte-parole du comité des réfugiés congolais du camp. Perché sur la colline où est situé le camp de fortune, il pointe son index vers le Nord-Ouest, au-delà de la rivière Ruzizi, qui marque la frontière entre la RDC et le Burundi, et où se trouve sa commune d’origine, Luvungi.
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