Les paramilitaires en guerre contre l’armée au Soudan ont annoncé, jeudi 6 novembre, leur accord avec la trêve humanitaire proposée par le groupe de médiateurs dit du Quad, qui a été rejetée mardi par l’armée soudanaise.
« En réponse aux aspirations et aux intérêts du peuple soudanais, les Forces de soutien rapide (FSR) affirment leur accord pour s’engager dans la trêve humanitaire » proposée en septembre par les pays médiateurs du Quad, les Etats-Unis, l’Egypte, l’Arabie saoudite et les Emirats arabes unis. « Les FSR attendent de (…) commencer des discussions sur les arrangements pour la cessation des hostilités », affirme le communiqué publié sur leur chaîne Telegram en saluant les efforts de médiateurs.
De son côté, le chef de l’armée soudanaise, Abdel-Fattah Al-Burhane, a souligné que ses forces continuaient « de défaire l’ennemi et de sécuriser l’Etat soudanais jusqu’à ses frontières ». « Bientôt, nous vengerons ceux qui ont été tués et maltraités (….) dans toutes les régions attaquées par les rebelles », a déclaré le général dans un discours télévisé.
« Mettre fin à ce cauchemar de violence »
Après une réunion au sommet sur cette proposition portée par Washington, l’administration pro-armée basée à Port-Soudan avait fait savoir mardi qu’elle comptait poursuivre la guerre tout en présentant un plan pour « faciliter l’accès à l’aide humanitaire » et « la restauration de la sécurité et de la paix ». Cette réunion à Port-Soudan était intervenue après des nouveaux efforts de l’émissaire américain pour l’Afrique, Massad Boulos, de faire avancer le plan présenté mi-septembre par le Quad.
Les pays médiateurs s’efforcent depuis plusieurs mois d’obtenir un cessez-le-feu entre les deux parties, en guerre depuis avril 2023. Le secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, avait encore exhorté mardi les belligérants à « venir à la table des négociations » et « mettre fin à ce cauchemar de violence ».
Le 14 novembre, une session spéciale du conseil des droits de l’homme de l’ONU sera consacrée à El-Facher, pour examiner « la situation des droits de l’homme » d’El-Facher, dans l’ouest du pays, où l’ONU a fait état de massacres, viols, pillages et déplacements massifs de population. De multiples témoignages, étayés par des vidéos publiées par les paramilitaires des FSR sur les réseaux sociaux, décrivent des atrocités dans cette région coupée du monde.
Des images satellite analysées par le laboratoire de l’université américaine de Yale montrent des « activités d’élimination des corps » dans cette ville du Darfour, dans l’ouest du pays, prise par les paramilitaires le 26 octobre, avec notamment des traces « correspondant à des fosses communes ».
Depuis que la dernière guerre civile en date au Soudan a éclaté en 2023, les deux parties ont plusieurs fois accepté des propositions de cessez-le-feu sans qu’aucune n’ait jamais abouti. Le conflit a fait des dizaines de milliers de morts, des millions de déplacés et provoqué la pire crise humanitaire contemporaine, selon l’ONU. Il se concentre désormais au Kordofan, région stratégique car située entre la capitale Khartoum, contrôlée par les militaires, et le Darfour, aux mains des paramilitaires. Mardi, une attaque dans la ville stratégique d’El-Obeid, capitale régionale du Kordofan-Nord, a fait au moins 40 morts, selon l’ONU.







