- En France, 66.000 personnes vivent avec le cœur, le rein ou les poumons d’une autre personne.
- Chaque jour, 17 patients reçoivent une greffe, qu’ils ont parfois attendue pendant des années.
- Une équipe de TF1 a rencontré deux d’entre eux qui racontent leur parcours et leurs espoirs.
En la voyant avec son fils et son mari sur une plage du Pays basque, qui pourrait dire que Justine est une miraculée ? Et pourtant, à 17 ans, la greffe d’un cœur lui a sauvé la vie. Dix ans plus tard, elle a mis au monde Louis. « C’était totalement inespéré, la transplantation, c’était déjà un sacré miracle, ma qualité de vie aussi, mais que je puisse donner la vie pour mes 10 ans de greffe, ça relève du miracle »,
témoigne la jeune femme dans le reportage en tête de cet article. Et d’insister : « c’est un second miracle ».
Pour devenir mère, cette dernière a dû arrêter plusieurs médicaments anti-rejet, qui permettent à son corps de tolérer ce cœur étranger. Cela a entrainé, après l’accouchement, une détresse cardiaque, heureusement maitrisée. Aujourd’hui, elle doit encore affronter de lourds problèmes rénaux. « C’est une guerrière, car elle a traversé beaucoup d’épreuves qu’elle a relevées de manière assez incroyable »,
confie son époux. « Qu’on a traversé finalement »,
renchérit Justine, « parce qu’on les a surmontés ensemble, tu étais à mes côtés, c’est nécessaire aussi d’avoir le soutien du conjoint, de la famille. »
Comme tous les greffés, Justine prend une quinzaine de médicaments par jour et bientôt, elle devra repartir de zéro car les organes transplantés ont une durée de vie limitée : 15 à 20 ans pour un cœur. « C’est une question qui me perturbe aussi beaucoup, mais j’essaye d’en faire totalement abstraction »,
admet la mère de famille. Et d’ajouter : « Aujourd’hui tout va bien, j’ai fêté mes 13 ans de greffe et je me dis que ça peut très bien continuer, finalement ce n’est qu’une moyenne, certains greffés du cœur vivent depuis plus de 30 ans avec leur organe, pourquoi pas moi ? ».
Depuis qu’elle a été transplantée, la loi française a changé pour faciliter le don d’organe. Désormais, sauf à s’être inscrit de son vivant sur le registre national des refus, nous sommes tous considérés consentants pour donner nos organes à notre mort.
« Un combat un peu traumatisant »
Sept ans après sa greffe pulmonaire, Pierre, lui, a encore le souffle court. Au mieux de sa forme, seul 40% de l’air qu’il inspire parvient à ses poumons. « C’est un combat un peu difficile qui a été le mien, un peu traumatisant, mais c’est un parcours qui valait la peine »,
explique-t-il. « Aujourd’hui, je suis très heureux ».
Du haut de ses 1,80 m pour 88 kilos, le sexagénaire était un grand sportif quand une maladie a détruit ses poumons. Après une transplantation, il a fait un choc septique, a passé trois mois dans le coma, suivis de deux années dans les hôpitaux, avant de connaitre, enfin, une renaissance. Aujourd’hui, il partage cette expérience de vie bénévolement avec des patients qui viennent d’être greffés ou qui vont bientôt l’être. « Je le fais parce que j’aurais beaucoup aimé qu’on le fasse pour moi et ça n’existait pas à l’époque, ça peut emmener des explications techniques et un support psychologique »,
confie-t-il.







