- Le Maroc va lancer, ce dimanche 21 décembre, « sa » CAN 2025, qu’il espère remporter à domicile.
- Pour y parvenir, le royaume compte notamment sur Walid Regragui, le charismatique sélectionneur des Lions de l’Atlas.
- Portrait d’un coach prêt à relever le défi.
Walid Regragui succèdera-t-il à Emerse Faé, Aliou Cissé, Djamel Belmadi ou encore Hervé Renard, tous vainqueurs de la Coupe d’Afrique des Nations (CAN) en tant que sélectionneurs ? À 50 ans, le patron des Lions de l’Atlas peut en tout cas en rêver. À compter de ce dimanche 21 décembre, le Maroc accueille la CAN 2025, une compétition que le royaume rêve de remporter pour la première fois depuis près d’un demi-siècle.
Pour y parvenir, il s’en est donné les moyens. Stades construits ou rénovés pour l’occasion, équipes de jeunes performantes… Ces dernières années, le Maroc, qui coorganisera le Mondial 2030, a beaucoup investi pour devenir une grande nation du football. Il a pour cela nommé, en août 2021, le Franco-Marocain Walid Regragui à la tête de son équipe première. Arrivé avec la casquette d’entraîneur prometteur, celui qui venait d’être sacré champion du Maroc avec le Wydad Casablanca a rapidement fait ses preuves : un an et demi plus tard, il devenait le premier sélectionneur à qualifier une équipe africaine en demi-finale de Coupe du monde.
Nourri à la sauce de l’entraîneur moderne
Nourri à la sauce de l’entraîneur moderne
Hédi Hamel, coauteur de « Il était une fois la CAN, 70 ans d’histoire »
« Walid Regragui n’a pas encore une dimension mondiale, mais il a réussi ce parcours en 2022 »
, note auprès de TF1info Hédi Hamel, coauteur du livre Il était une fois la CAN, 70 ans d’histoire
(nouvelle fenêtre) (Solar). Selon lui, l’ancien arrière droit, qui a fait la quasi-intégralité de sa carrière de joueur en France dans les années 2000, fait partie de la génération de sélectionneurs « nourris à la sauce de l’entraîneur moderne »
.
« Il a un rapport assez nouveau avec ses joueurs »
, observe Hédi Hamel. « Il est à la fois très proche d’eux, tout en mettant une barrière : il considère que le segment disciplinaire doit primer sur tout. Il se fait respecter, ce qui n’est pas évident lorsque vous avez des stars dans votre équipe. Mais Regragui parvient à imposer un discours tactique. »
Et jusqu’à présent, cela fonctionne. Si l’équipe de France a mis fin aux rêves marocains dans le dernier carré de la Coupe du monde au Qatar, Regragui n’a connu qu’une seule désillusion en tant que patron des Lions de l’Atlas : l’élimination dès les huitièmes de finale de la CAN 2023 face à l’Afrique du Sud. Depuis, il enchaîne les performances. Les Marocains viennent en novembre d’améliorer le record mondial de victoires consécutives, toutes sélections confondues (17).
La victoire… ou le départ ?
« Un bon coach fait une bonne sélection, mais d’excellents joueurs font aussi un bon coach »
, tempère Hédi Hamel. « La force de l’équipe du Maroc, ce n’est pas que le sélectionneur. Il y a également la qualité d’un onze type, des remplaçants, l’esprit d’équipe… Tout cela permet à Walid Regragui de baigner dans cette atmosphère de réussite. »
Le pugnace quinquagénaire au crâne chauve est aussi réputé pour sa forte personnalité et sa mentalité de gagnant. En témoigne sa réaction lors du récent tirage au sort de la Coupe du monde 2026, qui a placé le Maroc dans la même poule que les quintuples champions du monde brésiliens. « On joue un des favoris d’entrée, et eux, ils joueront aussi un des favoris d’entrée »
, a-t-il lancé devant la presse.
Des mots forts qui résonneront forcément différemment si les Marocains ne triomphent pas à domicile, le 18 janvier prochain, jour de la finale à Rabat. Face à la Seleçao, le 14 juin 2026, Walid Regragui, ne sera peut-être même pas là. « J’ai un contrat jusqu’à la Coupe du monde, mais si on ne gagne pas la CAN, ce contrat prendra fin et je partirai »
, a affirmé sans détour le technicien en avril dernier. Un moyen de se mettre, s’il le fallait, encore un peu plus de pression…










