Une victime reçoit des soins médicaux dans un hôpital de Damas, à la suite d’un raid israélien dans la région de Beit Jinn, le 28 novembre 2025.

Les forces israéliennes ont tué, vendredi 28 novembre, dix personnes dans le sud de la Syrie, selon la télévision d’Etat syrienne. L’armée israélienne parle d’une opération visant un groupe islamiste. Elle a rapporté un échange de tirs et déclaré que six soldats israéliens avaient été blessés, dont trois grièvement.

Depuis la prise du pouvoir, il y a près d’un an, par une coalition islamiste qui a renversé le président Bachar Al-Assad, Israël a mené des centaines de frappes et conduit des incursions en Syrie. « Le nombre de martyrs de l’agression israélienne contre Beit Jinn est passé à 10, dont des femmes et des enfants, tandis que d’autres restent coincés sous les décombres », a annoncé la télévision d’Etat syrienne.

Le maire de la localité située au pied du mont Hermon, Abdel Rahman Al-Hamraoui, a déclaré à l’Agence France-Presse (AFP) que « l’armée israélienne [avait] mené une incursion à Beit Jinn pour arrêter trois fils » du village. Il a ajouté que « des altercations [avaient] opposé des habitants qui ont tenté de s’opposer à l’incursion » de l’armée israélienne, qui a par la suite « bombardé la localité à l’artillerie et aux drones », faisant des victimes. La télévision syrienne a montré des dizaines de familles fuyant le secteur.

Contacts entre responsables israéliens et syriens

L’armée israélienne avait annoncé avoir « lancé une opération visant à arrêter des suspects appartenant à l’organisation Jamaa islamiya » qui « préparaient des attaques contre des civils israéliens ».

Le groupe islamiste Jamaa Islamiya, présent au Liban et en Syrie, est un allié du mouvement islamiste palestinien Hamas, dont l’attaque sans précédent menée en Israël le 7 octobre 2023 a déclenché la guerre dans la bande de Gaza.

Depuis la chute d’Al-Assad, Israël a déployé des troupes dans la zone démilitarisée du plateau du Golan, au-delà de la ligne de démarcation entre la partie de ce territoire syrien annexée unilatéralement par Israël en 1981 et le reste de la Syrie.

Pendant l’été, des contacts entre responsables israéliens et syriens ont eu lieu, avec l’aide de Paris et Washington, les deux parties affirmant vouloir parvenir à un accord de sécurité. Mais le premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahou, exige pour cela une démilitarisation de toute la partie du territoire syrien courant du sud de Damas jusqu’à la ligne de démarcation de 1974, instituée après la guerre israélo-arabe de 1973.

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Le Monde avec AFP

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