- Prime Video dévoile ce vendredi « Culte : 2Be3 », la série sur la création du célèbre boys band français.
- Réalisée par Yaël Langmann, la fiction raconte comment trois copains d’enfance partis de rien sont devenus des stars.
- La réalisatrice et la comédienne Daphné Bürki lèvent le voile sur l’envers du décor.
Ils ont durablement marqué toute une génération. Après s’être penché sur le phénomène « Loft Story », Prime Video dévoile ce vendredi 24 octobre sa série sur les 2Be3, boys band français mythique de la fin des années 1990, à qui TF1 a également consacré une fiction il y a quelques mois. Réalisée par Yaël Langmann, Culte : 2Be3
revient sur l’incroyable histoire de Filip Nicolic, Adel Kachermi et Frank Delay, trois amis d’enfance originaires de Longjumeau (Essonne) partis de rien et devenus des stars.
Adulés ou moqués, les 2Be3 n’ont jamais laissé personne indifférent, à commencer par Yaël Langmann, qui a imaginé cette série qui mélange réalité et fiction, et Daphné Bürki, qui joue le rôle de Salomé, la manageuse (fictive) du groupe.
Dès qu’ils ont existé, la presse a été d’une violence sans nom avec les 2Be3
Dès qu’ils ont existé, la presse a été d’une violence sans nom avec les 2Be3
Yaël Langmann
Que représentaient pour vous les 2Be3 ?
Yaël Langmann : Pour dire la vérité, comme je voulais être cool à l’époque, être fan des 2Be3 c’était un peu la honte ! Je ne les écoutais pas, mais je les regardais en secret à la télé car je les trouvais magnifiques.
Daphné Bürki : Moi je les écoutais beaucoup car je faisais plein de fêtes chez moi à cette époque. C’est vrai que c’était un peu kitsch, mais j’aimais bien. J’étais surtout une méga fan du « Hit machine » et pendant deux ans, les 2Be3 ont occupé un quart du sommaire, je pense !
Le groupe a été un vrai phénomène. Mais ils ont aussi été très largement critiqués…
Yaël Langmann : Dès qu’ils ont existé, la presse a été d’une violence sans nom avec les 2Be3. On les a accusés d’être fabriqués de toutes pièces. Mais ce qui est fascinant, c’est qu’il n’y avait pas eu de figure aussi connue que les 2Be3 depuis les Yéyés. Ça faisait trente ans que la jeunesse n’avait pas eu d’idole avec un comportement complètement hystérique. Ils avaient vraiment un effet rassembleur, c’étaient les meilleurs amis des Français. Ils ressemblaient à tout le monde à une époque Black, Blanc, Beur très joyeuse et optimiste. Ils avaient quelque chose de tellement extraordinaire qu’ils parlaient à tout le monde, des petites filles à la scène ultra-queer parisienne.
Un mélange habile entre fiction et réalité
La série mélange ouvertement réalité et fiction. Pourquoi ce parti pris ?
Yaël Langmann : Comme on fait une série, on doit parfois bousculer un peu les choses pour faire avancer la narration. Il y a beaucoup de choses qui sont vraies, mais il faut que les personnages puissent aussi se déployer. J’ai eu envie de secouer un peu les choses.
Daphné Bürki : Quand on y pense, ce n’est pas tant que ça. Tous les anecdotes qui sont racontées dans la série sont vraies.
Justement Daphné, vous jouez Salomé, la découvreuse et manageuse des 2Be3, un personnage qui n’existait pas sous cette forme-là…
Oui, en réalité ils avaient un homme à la place d’une femme. J’ai vraiment adoré ce personnage parce que déjà, elle est très drôle et très courageuse. Elle subit une forme de harcèlement dans ce milieu de la musique et elle va reproduire le même schéma par moment. Mais j’ai bien aimé comment elle se révèle pour devenir protectrice de sa création.
Les trois comédiens sont des pépites !
Les trois comédiens sont des pépites !
Yaël Langmann
Daphné, on vous connait comme animatrice. La comédie c’est quelque chose que vous souhaitez explorer davantage ?
Si je trouve des projets qui ont du sens, totalement. Quand j’ai commencé à faire de la télévision, j’ai aussi fait quelques incursions au cinéma. Mais comme je suis très speed dans la vie, je trouvais ça un peu long. J’aimais plus la quotidienne à la télé et l’adrénaline du direct. C’est Yaël Langmann qui m’a remis sur le chemin de la fiction en me proposant de tourner dans sa première série Chair Tendre
en 2022. Et j’ai trouvé le rythme de la série génial !
Les trois comédiens sont bluffants. Trouver des acteurs sachant danser et chanter, ça n’a pas dû être évident, non ?
Yaël Langmann : Oui, ça a été complexe ! Ma directrice de casting a fait un travail extraordinaire. Je connaissais déjà Marin Judas qui avait tourné dans Chair Tendre
. Je le trouvais très sensible avec un physique spectaculaire. Il ne savait pas chanter ni danser mais je savais qu’il était prêt à le faire car c’est un bosseur. Je me suis dit que s’il y en avait déjà un qui existait, on pourrait bien en trouver deux autres. Mais des profils comme les leurs, c’est exceptionnel. Au-delà de leur qualité physique et de jeux, ils ont une grande générosité et un beau rapport à la camaraderie. Ce sont des pépites !
Il faut arrêter de dire que les années 1990 c’était une esthétique naze, car c’était génial !
Il faut arrêter de dire que les années 1990 c’était une esthétique naze, car c’était génial !
Daphné Bürki
Vous avez collaboré avec les proches des 2Be3, notamment Frank Delay, Adel Kachermi et Valérie Bourdin. Vous avez même convaincu Frank de jouer un rôle dans la fiction…
Yaël Langmann : Quand je les ai rencontrés tous les trois, je leur ai expliqué ce que j’avais envie de faire. Adel était très clair sur le fait qu’il s’était retiré de la vie publique. Mais Frank me parlait de ses désirs de jeu. Je le trouvais vraiment beau, il a quelque chose de Michael Fassbender, c’est très émouvant. Et en écrivant, je me suis dit que ce serait super qu’il joue le rôle de Thierry, qui était une figure paternelle pour lui quand il était jeune. Je suis très fière qu’il soit dans la série et qu’il se parle à lui plus jeune. C’est vraiment comme une boucle qui se boucle.
Daphnée Bürki: Cette série c’est aussi un travail de réparation. Ces garçons moqués à une époque ont créé un modèle qui existe toujours. Ils ont ouvert des portes insensées pour des gens qui venaient de nulle part, ils ont créé une vibe
incroyable dans l’industrie. Je pense qu’on a pris les choses très à cœur parce que beaucoup de journalistes ont dit des horreurs sur cette industrie de la pop culture qu’ils écoutaient en cachette. Il faut arrêter de dire que les années 1990 c’était une esthétique naze, car c’était génial !











