ÉTATS-UNIS – Un fait inédit en plus de 100 ans. C’est la première fois depuis Theodore Roosevelt, dans les années 1910, qu’un ancien président est appelé à la barre pour sa défense. Donald Trump témoigne sous serment ce lundi 6 novembre, au tribunal de New York, lors d’un procès civil pour fraudes qui menace son empire immobilier.
Comme vous pouvez le voir dans notre vidéo en tête d’article, l’ancien locataire de la Maison Blanche a fait son entrée dans le palais de justice de Manhattan, un peu avant 10 heures, 16 heures à Paris, vêtu d’un costume bleu marine et d’une cravate bleu ciel.
« Le peuple américain n’aime pas » ce procès
Devant une forêt de caméras, il s’en est tout de suite pris à la procureure générale de l’État de New York, Letitia James, qui le poursuit. Cette dernière avait affirmé avant le début du procès : « je suis certaine qu’il se livrera à des injures, des railleries et des attaques raciales, qualifiant cette affaire de chasse aux sorcières », rapporte la chaîne américaine ABC News.
Dans une première prise de parole, Donald Trump a assuré que « le peuple (américain) comprenait, voyait et n’aimait pas » ce procès au civil « très injuste ». « Ils n’aiment pas parce que c’est de la guerre politique », a proclamé l’homme d’affaires républicain.
Le visage fermé, il a ensuite pénétré dans la salle d’audience et s’est assis sur le banc de la défense entouré de ses avocats. L’ancien président a prêté serment, main levée, et son interrogatoire par l’un des adjoints de Letitia James, Kevin Wallace, a commencé.

Inculpé dans quatre autres affaires
La procureure générale Letitia James, élue démocrate, a intenté un procès au civil contre l’état-major du groupe familial Trump Organization. Elle accuse les Trump, le père et ses fils, d’avoir gonflé de manière colossale les actifs du groupe, composé d’une myriade de sociétés gérant des gratte-ciel, hôtels et résidences de luxes ou golfs dans le monde entier. Selon elle, leur but était de décrocher de meilleurs prêts bancaires et des conditions d’assurance plus favorables.
Letitia James réclame 250 millions de dollars d’amende et des interdictions de diriger des entreprises pour le milliardaire républicain et ses enfants.
Ce procès est historique, car cela fait plus de 100 ans qu’un ancien président n’avait pas dû se défendre à la barre. Dans les années 1910, Theodore Roosevelt avait accusé son ancien ami devenu rival, William Barnes, de corruption politique. Furieux, William Barnes avait intenté un procès à Roosevelt, lui réclamant une somme d’argent faramineuse, rappelle The Washington Post.

Par ailleurs, ce n’est qu’une des premières épreuves judiciaires qui attendent Trump. Le candidat à l’élection présidentielle américaine 2024 est inculpé au pénal dans quatre autres affaires. Il doit notamment comparaître à partir de mars 2024 devant la justice fédérale à Washington pour ses tentatives présumées illégales d’inverser le résultat de l’élection de 2020.
À voir également sur Le Meridien :