- Benyamin Netanyahou est accusé de corruption, de fraude et d’abus de confiance dans trois dossiers.
- Alors que le procès est en cours, il a formulé une demande officielle de grâce présidentielle.
- Cadeaux luxueux, accords avec des patrons de grands médias… Le détail des trois affaires.
Le 10 décembre 2024, Benyamin Netanyahou était devenu le premier chef de gouvernement en fonction de l’histoire d’Israël à comparaître devant un tribunal. Le Premier ministre israélien est accusé de corruption, de fraude et d’abus de confiance dans le cadre de trois affaires. Alors qu’un procès est toujours en cours, les services du président israélien Isaac Herzog ont indiqué ce dimanche 30 novembre avoir reçu « une demande de grâce exceptionnelle ».
Une requête que Netanyahou justifie au nom de « l’intérêt public »
. Mais de quoi est-il accusé ?
Cigares, champagne, bijoux
L’actuel Premier ministre a été mis en examen en novembre 2019 dans pas moins de trois affaires. Dans la première, surnommée « dossier 1000 » par les enquêteurs, Benyamin Netanyahou, son épouse Sara et leur fils Yaïr sont mis en cause pour fraude et abus de confiance. Ils sont accusés d’avoir reçu des cadeaux de la part de deux milliardaires, pour une valeur de plus de 200.000 euros, en échange de faveurs politiques.
Le producteur de cinéma israélien Arnon Milchan et l’homme d’affaires australien John Packer auraient en effet fourni des produits de luxe au couple, cigares, bouteilles de champagne, bijoux, ou encore financé des voyages onéreux pour leur fils. En échange, Benyamin Netanyahou serait notamment intervenu auprès du secrétaire d’État américain pour qu’Arnon Milchan obtienne un visa de séjour aux États-Unis, selon les médias israéliens. Il aurait également soutenu un projet de loi visant à abaisser les impôts des Israéliens revenant d’un long séjour à l’étranger.
Négocier une couverture médiatique favorable
Dans la seconde affaire, surnommée « dossier 2000 », Benyamin Netanyahou est soupçonné d’avoir essayé de négocier un accord avec son opposant Arnon Mozes, propriétaire du grand quotidien israélien Yedioth Aharonot
. À en croire des enregistrements fournis aux enquêteurs, les deux hommes s’étaient rencontrés plusieurs fois en 2014. Netanyahou aurait en effet essayé d’obtenir une couverture plus favorable par le média. En contrepartie, il aurait promis d’œuvrer à diminuer la diffusion du quotidien gratuit Israël Hayom
, très favorable à son gouvernement et premier concurrent de Yedioth Aharonot.
La dernière affaire dans laquelle le Premier ministre est mis en cause n’est pas des moindres. Dans ce « dossier 4000 », Benyamin Netanyahou est accusé d’avoir favorisé la société de télécommunications Bezeq, détenue par Shaul Elovich, en échange d’une couverture favorable de sa politique par le site Walla!, appartenant au même groupe. Son gouvernement a en effet validé la fusion en 2015 de Bezeq avec le fournisseur de télévision par satellite Yes. C’est cette dernière affaire qui lui vaut le chef d’accusation de corruption, en plus de la fraude et de l’abus de confiance.
En Israël, la fraude et l’abus de confiance sont passibles de peines allant jusqu’à trois ans de prison, selon Le Monde
. Pour la corruption, les peines peuvent atteindre dix ans d’emprisonnement. Benyamin Netanyahou continue de clamer son innocence. En plein conflit armé avec le Hamas à Gaza, le Premier ministre explique sa demande de grâce en affirmant que « la poursuite du procès nous déchire de l’intérieur, suscitant de vives divisions et intensifiant les fractures. »







