Ce n’est pas en millénaires, comme pour Gaza et Rafah, mais en siècles que se décline l’histoire de Khan Younès, dont le gouvernorat comptait quelque 400 000 habitants avant la campagne israélienne toujours en cours. C’est en effet en 1387 que l’émir Younès El-Nowrouzi y fonde un caravansérail, un « khan » qui porte son prénom. La région de Gaza est alors favorisée en tant que carrefour stratégique par les sultans mamelouks qui dominent l’Egypte et la Syrie.
Le site de Khan Younès est choisi pour ses ressources en eau, son sol fertile et la proximité de carrières. Il se développe rapidement en tant que relais commercial et station de poste, sous la protection d’une garnison qui dissuade les incursions bédouines. Une telle prospérité se confirme durant l’ère ottomane, à partir de 1517, entraînant le déclin de la cité de Rafah, elle-même en lisière du désert égyptien du Sinaï.
L’impact des guerres
Le rayonnement de Khan Younès est attesté aux XVIIᵉ et XVIIIᵉ siècles, mais il est ensuite affecté par la montée en puissance du port de Gaza comme débouché de la production locale de céréales vers Alexandrie, le plus grand port d’Egypte. Lorsque le voyageur français Victor Guérin visite Khan Younès en 1863, il en remarque « les arbres fruitiers, et principalement les abricotiers ». Il estime à un millier le nombre d’habitants de « ce bourg jadis beaucoup plus peuplé, comme le prouvent une centaine de maisons actuellement détruites ». Les recensements postérieurs des autorités ottomanes donnent pourtant une population de plusieurs milliers de personnes, sans doute du fait de la politique volontariste de sédentarisation des Bédouins, qui conduit, dans le désert voisin du Néguev, à l’établissement, en 1899, de la ville de Beersheba.
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