- Mémoire, esprit critique, créativité… La lecture engendre de nombreux bienfaits pour notre cerveau.
- Mais les écrans nous éloignent des livres et retardent de plus en plus d’enfants.
- La station d’apprentissage Lilémø pose les bases de la lecture et apprend aux enfants à aimer les mots.
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Réussir l’éducation de ses enfants
Les uns font de la lecture une « leçon d’émotion », les autres une « machine à fabriquer l’intelligence »… Décrypter des mots, comprendre le sens de la phrase et imaginer une action ou une idée déclenche une « symphonie cérébrale », affirment les neurologues chez nos confrères du Monde
(nouvelle fenêtre). Une récente étude de l’institut du cerveau montre qu’aucune prédisposition n’aide notre ordinateur de bord à lire. Nous apprenons à reconnaître des lettres, des syllabes et des mots. Nous entraînons notre cerveau en nous exerçant à déchiffrer des phrases.
Pourtant, nous passons de moins en moins de temps à lire : une enquête Ipsos pour le centre national du livre estime que les 7-19 ans passent par exemple dix fois plus de temps sur les écrans qu’à lire chaque jour. Résultat : beaucoup d’enfants développent des troubles de l’attention (nouvelle fenêtre), de la dyslexie, des difficultés à exprimer leur pensée, etc.
Une start-up caennaise, créée en 2019, choisit d’associer le son à la lecture. Une console dépourvue d’écran, baptisée Lilémø (nouvelle fenêtre), encourage les enfants à apprendre à lire. Il suffit de placer des tubes, représentant des lettres, devant la machine. L’appareil les prononce et les associe pour former des syllabes et des mots. Julie Vacquet, cofondatrice et chef de produit, décrit pour TF1 Info les bases posées par la machine : « Manipuler un objet reste essentiel pour le développement cognitif des enfants. Les sons restent super importants dans l’apprentissage de la lecture. Entendre le son d’une lettre et d’une syllabe permet de faire des fusions phonémiques. Ils construisent des briques en explorant par eux-mêmes. Ils comprennent par exemple que placer la lettre A avant le N ne produit pas le même son que si vous le placez après. »
La machine s’adapte à l’enfant
Pas moins de 7.000 machines font déjà travailler les enfants dans les académies de Versailles, Poitiers ou Nancy-Metz ou des écoles belges par exemple. « Nous nous adressons aux maternelles, aux classes Ulis ou aux instituts médicaux éducatifs. La machine captive l’attention sans pointer les difficultés. Elle souligne les essais et les victoires. L’appareil donne le goût de la lecture et aide les enfants à reprendre confiance en eux. »
Les enseignants et les orthophonistes la jugent efficace pour les élèves présentant un trouble du spectre autistique ou ceux qui développent des troubles de dys (dysorthographie par exemple).
Lilémø lit, questionne, corrige et stimule la compréhension orale. « Elle dispose d’un nano ordinateur hyper puissant sans mot préenregistré. La machine réagit ne prononce que les combinaisons de lettres proposées par l’enfant et elle évolue en fonction de ses progrès. Elle propose des activités pédagogiques comme des dictées de lettres ou de mots. »
La station peut demander à l’enfant d’écrire un mot en incorporant une complexité orthographique en fonction de son niveau. « Nous avons également développé des petites histoires pour contextualiser les mots et maintenir l’attention des enfants. Certaines sont interactives et lui proposent de choisir un héros ou un chemin pour sortir d’un labyrinthe »
, ajoute Julie Vacquet. La start-up se lance désormais dans l’apprentissage des langues : « Nous avons lancé l’anglais, l’espagnol et le néerlandais. Nous avons une grosse communauté en Belgique très portée sur l’éveil aux langues »
, se réjouit la cofondatrice.










