Le braqueur multirécidiviste Antonio Ferrara a été interpellé, ce jeudi 27 février, en Belgique.
Cette figure du grand banditisme, sortie de prison il y a deux ans et demi, s’apprêtait visiblement à commettre un nouveau casse en Allemagne.
Récit des dix mois de traque qui ont permis cette nouvelle arrestation du « roi de la belle ».

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Le 13H

Antonio Ferrara est le genre d’hommes que l’on surveille comme le lait sur le feu. Condamné pour plusieurs braquages et une tentative de meurtre, ainsi que pour deux évasions spectaculaires, celui que l’on surnomme en conséquence le « roi de la belle » s’apprêtait visiblement à repasser à l’acte. Ce qui explique son arrestation, ce jeudi 27 février en Belgique, aux alentours du 8h du matin, dans la petite ville d’Eupen, portant encore les stigmates (trois voitures accidentées, dont une ayant fini sa course dans le jardin d’un habitant) de ce coup de filet international, comme le montrent les images du reportage sur place du JT de TF1, à retrouver dans la vidéo en tête de cet article. L’aboutissement de dix mois d’observation discrète et de traque.

Capture d’écran TF1

Selon les informations du service police-justice de TF1/LCI, c’est dès juillet 2022, date de la dernière sortie de prison d’Antonio Ferrara, que la surveillance, parfois à distance, débute. La brigade de recherche et d’intervention (BRI) nationale constate alors que le braqueur multirécidiviste reprend rapidement contact avec des bandits baignant dans la criminalité organisée. Durant environ un an, les policiers français soupçonnent tout ce petit monde de fomenter un projet, sans parvenir à en définir le moindre contour… Jusqu’à cette nuit du mercredi 26 au jeudi 27 février, lors de laquelle ils repèrent que le commando prend la direction de la banlieue de Dortmund, en Allemagne, et plus particulièrement d’un centre-fort, où sont entreposés les billets des banques. Les forces de l’ordre allemandes, immédiatement averties par leurs homologues, bouclent le lieu.

Antonio Ferrara et ses huit acolytes font donc demi-tour pour rentrer jusqu’à leur planque en Belgique. C’est à leur passage de la frontière que, précisément, la BRI, l’Office central de lutte contre le crime organisé (OCLCO) et la police belge décident d’intervenir conjointement, en n’ouvrant le feu qu’à une seule reprise, sans réplique de la part des bandits, qui ont tout de même foncé sur un policier lors de cette course-poursuite. Cet agent de l’unité spéciale belge sera le seul blessé dans le cadre de cette intervention. Il a déjà été autorisé à sortir de l’hôpital au moment où vous lisez ces lignes.

La reine des preuves est servie sur un plateau d’argent : le flagrant délit

Une source proche de l’enquête à TF1/LCI

Armes longues à bord de véhicules volés et faussement immatriculés : toute la logistique criminelle est là, lors des neuf interpellations. « Un beau flagrant-délit, confie une source proche de l’enquête au service police-justice de TF1/LCI. C’est réglé pour lui (Antonio Ferrara, ndlr) et ses comparses. La reine des preuves est servie sur un plateau d’argent : le flagrant délit. Ils n’auront aucune défense… On a évité le casse du siècle. » Tous se trouvent encore actuellement sur le territoire belge. Des perquisitions, terminées, ont eu lieu dans le Val-de-Marne, au domicile de plusieurs interpellés.

« Aujourd’hui, le passé criminel d’Antonio Ferrara le rattrape, estime, au micro de TF1, Frédéric Ploquin, co-auteur de l’ouvrage de référence Braqueur, mercenaire, aventurier : de l’OAS au grand banditisme. C’est quelqu’un qui est animé par cette soif de liberté, mais qui, en même temps, est un flambeur. Un grand flambeur. Probablement que, sortant de prison après une très longue incarcération (dix-neuf ans, ndlr), il n’avait plus les moyens devant lui pour vivre la vie qu’il rêvait de vivre. Et c’est probablement ce qui l’a poussé, soit à accepter de suivre d’autres voyous qui l’ont amené sur le terrain, soit à initier lui-même une opération. On le saura bientôt. » En attendant, le « roi de la belle » reste présumé innocent. 


Hamza HIZZIR | Reportage TF1 : Ignacio BORNACIN, Zack AGILI et Raphaël MAILLOCHON

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