- L’ouragan Melissa pourrait toucher terre en Jamaïque dès la nuit de lundi à mardi.
- Classé en catégorie 5, il risque de faire des dégâts dramatiques sur l’île.
- Lent et violent, il pourrait de surcroît traverser des régions très peuplées.
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L’ouragan Melissa frappe les Caraïbes
La Jamaïque se prépare à l’arrivée de l’ouragan Melissa, qui pourrait être le plus violent à avoir jamais touché son territoire émergé, et pourrait entraîner inondations et glissements de terrain catastrophiques. Le Premier ministre a alerté la population sur un risque de « destructions significatives »
, quelques heures avant que l’ouragan n’atteigne les côtes méridionales du pays. « Je ne crois pas qu’une seule infrastructure de la région puisse résister à un ouragan de catégorie 5 »
, a estimé Andrew Holness, qui appelle à prier pour que l’ouragan ne frappe pas directement l’île.
« Ne vous aventurez pas à l’extérieur de votre abri sécurisé »
, avait exhorté dans la matinée le Centre américain des ouragans (NHC), tandis que les autorités jamaïcaines pressaient les réfractaires à évacuer. « Évacuez aujourd’hui, car les conditions vont se détériorer »
, a insisté la ministre de l’Éducation et de la Jeunesse, Dana Morris Dixon.
Avec des vents soutenus allant jusqu’à 270 km/h, l’ouragan Melissa, de catégorie maximale sur l’échelle de Saffir-Simpson, continue de se rapprocher de l’île caribéenne où il devrait toucher terre dans la nuit ou tôt mardi. S’il ne perd pas en intensité d’ici là, il s’agira de l’ouragan le plus puissant à frapper le pays depuis le début des suivis météorologiques.
« Je suis vraiment inquiet pour les gens »
En Jamaïque, ses effets se faisaient déjà sentir ce lundi 27 octobre au matin, des vents puissants s’étant abattus sur l’île. « Je suis vraiment inquiet pour les gens »
, a confié à l’AFP Enrico Coke, un fermier ayant trouvé refuge dans un bar à Flagaman, dans le sud du pays. « Nous aurons besoin d’aide dès que possible, en particulier d’eau pour la population.
«
Des précipitations torrentielles pourraient entraîner jusqu’à plus d’un mètre de pluie par endroit, a prévenu Michael Brennan, le directeur du NHC, insistant sur le risque de « crues soudaines catastrophiques et de nombreux glissements de terrain »
. Les habitants doivent « se trouver dans un lieu sûr et se préparer à y rester toute la nuit et une grande partie de la journée de mardi »
, a-t-il ajouté, les autorités météorologiques ayant par ailleurs alerté sur le risque de coupures prolongées d’électricité et des communications.
Scénario du pire
À l’approche de l’ouragan, les autorités jamaïcaines ont fermé l’aéroport international Norman Manley, qui dessert la capitale Kingston, et les ports maritimes. L’inquiétude est d’autant plus grande que l’ouragan Melissa évolue à la vitesse très basse de 6 km/h. Ses pluies torrentielles et vents puissants pourraient donc stationner et martyriser les localités affectées, le tout dans des régions fortement peuplées, si la trajectoire de l’ouragan est conforme aux pires hypothèses.
Pour le climatologue Daniel Gilford, le changement climatique aggrave par ailleurs « tous les aspects les plus néfastes de l’ouragan Melissa »
. « Il entraîne des précipitations et des submersions côtières plus importantes et avec des intensités plus fortes que ce qui aurait été observé dans un monde sans changement climatique »
, a insisté cet expert auprès de l’AFP.
Le dernier ouragan majeur, c’est-à-dire de catégorie 3 ou plus sur l’échelle de Saffir-Simpson, à avoir touché terre en Jamaïque était l’ouragan Gilbert, qui avait fait 40 morts et d’énormes dégâts dans le pays en septembre 1988. Depuis, l’île a été frappée par plusieurs ouragans, dont certains majeurs, le dernier en date étant Béryl, en juillet 2024, qui n’avait toutefois pas touché terre. Anormalement puissant pour cette période de l’année, il avait provoqué de fortes pluies et des vents violents, faisant au moins quatre morts.
L’ouragan Melissa menace également l’est de Cuba ainsi que le sud des Bahamas et l’archipel britannique des îles Turques-et-Caïques. Évoluant depuis plusieurs jours dans les Caraïbes, il a déjà fait au moins quatre morts en Haïti et en République dominicaine, qui restent ce lundi sous la menace de pluies importantes pouvant entraîner des glissements de terrain et inondations.
Malgré des débuts calmes, la saison 2025 des ouragans dans l’Atlantique, qui s’étire de début juin à fin novembre, devrait cette année être plus intense que la normale, selon les prévisions des autorités météorologiques américaines.







