- Cassandre Marfin
Jusqu’à la nuit. Le bleu
Amy Beach : Cradle Song of the Lonely Mother ; By the Still Waters. Olivier Messiaen : Huit préludes (extraits). Alexandre Scriabine : Deux poèmes, op. 71 ; Sonate n° 6. Cassandre Marfin (piano).
Premier volet d’un triptyque motivé par les couleurs primaires et placé sous la double enseigne du bleu et de la nuit, ce CD débute par une pièce hypnotique d’Amy Beach (1867-1944). Une berceuse (Cradle Song of the Lonely Mother) qui se déploie jusqu’aux confins de l’harmonie (et du clavier, dans l’extrême aigu) en glissant parfois sur la « blue note » du jazz. Mirage ? Prismatique pour cette page inclassable, l’interprétation de Cassandre Marfin l’est aussi pour deux Préludes, d’Olivier Messiaen (1908-1992), avec des inflexions stravinskiennes rarement entendues, mais bien légitimes. Représentant majeur de la chromesthésie (correspondance entre les sons et les couleurs) qui régit ce programme, Alexandre Scriabine (1872-1915) – insaisissables Poèmes, indomptable 6e Sonate – s’impose, comme jamais, sous les doigts de la jeune pianiste. Cassandre Marfin ne se contente pas d’apporter une touche personnelle à l’onirisme chatoyant du compositeur russe, au mysticisme carillonnant de son homologue français et à la dérive lancinante de la compositrice américaine, elle en fait l’expression renouvelée d’un monde qui n’appartient qu’à elle. Pierre Gervasoni
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