- Après le greenwashing, le « french washing » s’invite dans les rayons.
- Des entreprises font passer pour du made in France des produits fabriqués à l’étranger.
- L’application mobile Better Things vous incite à les traquer.
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« Made in France »
Gage de qualité, soutien à la production et à l’emploi local, produits respectueux de l’environnement… Le made in France attire toujours plus de consommateurs. Plusieurs sondages montrent qu’environ les deux tiers des Français placent le critère « Fabriqué en France » comme prioritaire dans leurs actes d’achats. De quoi attirer les convoitises de marques peu scrupuleuses. Certaines n’hésitent pas à en détourner les codes pour créer la confusion. Résultat : la mention « made in France », encore non réglementée, peut attester l’origine d’un produit dans l’hexagone alors que l’entreprise l’a juste assemblé ou empaqueté en France. Le produit reste cultivé, tissé ou dessiné ailleurs en Europe ou dans le monde.
En l’occurrence, le produit made in France doit répondre à deux critères : une transformation substantielle effectuée en France aboutissant à un nouveau produit ou un pourcentage minimal de son prix de revient unitaire acquis en France. Ces critères vagues laissent place à des allégations marketing qui entretiennent la confusion. Résultat : le drapeau tricolore ne garantit aucune provenance française. Le « francolavage » ou « french washing » se déguise souvent derrière des expressions comme « entreprise familiale » ou « maison française » ou des indications géographiques injustifiées. L’entreprise dispose simplement de locaux sur ce territoire sans employer d’ouvrier ni exploiter de matière.
Bonne nouvelle côté vêtements : depuis 2023, la loi anti-gaspillage pour une économie circulaire impose aux acteurs de l’industrie textile générant un chiffre d’affaires de plus de cinquante millions d’euros une « traçabilité géographique des étapes principales de fabrication des vêtements » (tissage, teinture, assemblage/finition). Vous pouvez accéder à cette fiche produit dématérialisée au moment de l’achat. Des labels, à l’image d’Origine France Garantie, Entreprise du Patrimoine Vivant ou France Terre Textile attribuent à des marques une certification à condition de respecter des critères drastiques : provenance de la matière, procédés de fabrication, etc. Le site des labels ou celui de la Fédération Indépendante du Made in France (FIMIF) fournit la liste de leurs adhérents.
Scannez et signalez le faux made in France
La FIMIF et l’application Better Things s’allient pour tenter de mettre fin aux fraudes déguisées. L’application mobile permet d’identifier le pays d’origine d’un produit non-alimentaire, de comprendre le contexte social et environnemental du pays concerné et d’interpeller anonymement les marques pour encourager la transparence. Better Things (nouvelle fenêtre) s’appuie essentiellement sur un « Better Score » pour mesurer l’impact écologique (distance, pollution, gestion des déchets) et social (droits des travailleurs, revenus, travail des enfants) du pays d’origine du produit, sur la base de données publiques issues notamment de l’UNICEF ou de la Banque Mondiale. Objectif : « Rendre visible une information souvent introuvable en magasin et donner aux consommateurs un levier d’action simple et concret ».
Il suffit de scanner un objet et signaler des cas suspects de faux made in France. Un algorithme se charge de reconnaître le produit : « Ces signalements seront automatiquement transmis à la FIMIF, qui poursuivra ses missions de traitement, de vérification et de plaidoyer auprès des instances compétentes »
, précise l’application dans un communiqué. Better Things ambitionne de changer les pratiques des fabricants et suggère par exemple aux utilisateurs des produits équivalents plus responsables. « Ce nouveau canal d’alerte s’inscrit dans la volonté commune des deux partenaires d’agir concrètement contre toute utilisation abusive de l’argument “fabriqué en France. La synergie entre nos expertises renforcera l’impact de notre action et élargira la portée de nos outils d’action citoyenne »
, renchérit Éric Florin, président de la FIMIF.











