- Le Conseil de sécurité de l’ONU a levé ce jeudi les sanctions contre Ahmad al-Chareh.
- La résolution préparée par les États-Unis a été adoptée par 14 voix pour et 1 abstention.
- Cette décision intervient à quelques jours de la visite historique du président syrien par intérim à la Maison Blanche.
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C’est une décision symbolique à quelques jours d’une visite historique de Ahmad al-Chareh à la Maison Blanche. Le Conseil de sécurité de l’ONU a levé ce jeudi 6 novembre les sanctions contre le président syrien par intérim. La résolution préparée par les États-Unis a été adoptée par 14 voix pour et une abstention.
Elle décide d’enlever Ahmad al-Chareh et son ministre de l’Intérieur Anas Khattab de la liste des sanctions visant individus et groupes liés au groupe État islamique (EI) et Al-Qaïda, soumis à une interdiction de voyage, un gel des avoirs et un embargo sur les armes.
L’abstention de la Chine
Cette résolution salue notamment les engagements des nouvelles autorités syriennes à « lutter contre le terrorisme, y compris les combattants terroristes étrangers »
, Al-Qaïda, EI et groupes affiliés. « Avec l’adoption de ce texte, le Conseil envoie un message politique fort reconnaissant que la Syrie est dans une nouvelle ère »
, a salué l’ambassadeur américain Mike Waltz. La Chine s’est de son côté abstenue. Son ambassadeur Fu Cong s’est notamment inquiété de la présence en Syrie de « combattants terroristes étrangers »
capables d’« exploiter »
la « situation sécuritaire fragile »
, déplorant que le Conseil n’ait pas pleinement évalué la situation.
Le ministre syrien des Affaires étrangères Assaad al-Chaibani a exprimé dans la foulée sa « reconnaissance »
aux États-Unis après le vote du Conseil de sécurité de l’ONU. « La Syrie exprime sa reconnaissance aux États-Unis et aux pays amis pour leur soutien à la Syrie et à son peuple »
, a déclaré Assaad al-Chaibani dans un message publié sur X. Son ministère a affirmé dans un communiqué que la résolution du Conseil de sécurité adoptée jeudi « reflète la confiance croissante dans le leadership du président al-Chareh »
.
Ahmad al-Chareh deviendra le premier président syrien à se rendre à la Maison Blanche, le 10 novembre, où il sera reçu par Donald Trump. Il y abordera la levée des sanctions encore imposées à son pays, la reconstruction de la Syrie après plus de 14 ans de guerre et la lutte contre le terrorisme, a déclaré dimanche le chef de la diplomatie syrienne. Selon une source au sein du ministère syrien des Affaires étrangères, aucun chef de l’État syrien ne s’était jamais rendu à la Maison Blanche auparavant. Ce sera la deuxième visite aux États-Unis d’Ahmad al-Chareh après son passage en septembre à l’ONU à New York, où cet ancien jihadiste est devenu le premier président syrien depuis 1967 à s’adresser à l’Assemblée générale.
Les forces d’Ahmad al-Chareh , dont le groupe Hayat Tahrir al-Sham (HTS) qu’il dirigeait et a depuis dissous, ont renversé en décembre 2024 l’ancien dirigeant syrien Bachar al-Assad. C’est au titre de leader du HTS que l’ancien jihadiste était inscrit depuis 2013 sur la liste des sanctions de l’ONU. Le HTS était auparavant connu sous le nom de Front al-Nosra, ancienne branche d’Al-Qaïda en Syrie, mais il avait rompu ses liens avec le groupe jihadiste en 2016 et avait cherché à adoucir son image. Malgré son inscription sur la liste des sanctions de l’ONU, le président par intérim a multiplié depuis son arrivée au pouvoir les déplacements internationaux, bénéficiant à chaque fois d’une exemption du comité de sanction de l’ONU.











