- 30 ans de réclusion criminelle ont été requis contre Cédric Jubillar, accusé du meurtre de son épouse Delphine en 2020.
- Les avocats de l’accusé ont plaidé ce jeudi l’acquittement, estimant que dans cette affaire on « essaie de faire rentrer des ronds dans des carrés ».
- Le verdict doit être rendu ce vendredi par la cour d’assises du Tarn.
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Disparition de Delphine Jubillar : l’heure du procès pour son mari Cédric
Ils déplorent un procès « vicié »
. Les avocats de Cédric Jubillar ont plaidé ce jeudi 16 octobre l’acquittement de celui contre qui trente ans de réclusion criminelle ont été requis pour le meurtre de son épouse Delphine. Face à la cour d’assises du Tarn, Emmanuelle Franck a d’abord décortiqué l’enquête dans la matinée, avant de laisser la parole à son associé Alexandre Martin qui s’est attaché à défendre l’accusé.
À la barre pendant trois heures, Emmanuelle Franck a longuement dénoncé le travail des enquêteurs, estimant qu’il n’y a « rien de pire que des gendarmes qui ont des certitudes de bonne foi mais qui, pour combler les vides, font des choses de mauvaise foi »
. L’avocate a alors repris tous les éléments du dossier : l’attitude de Cédric Jubillar, le cri d’effroi entendu par les voisines, la téléphonie… jetant le discrédit sur chacun d’entre eux, tentant d’introduire le doute dans l’esprit des jurés en ponctuant ses affirmations d’un « ça colle pas »
et en insistant sur l’absence de trace du « pétage de plomb »
imaginé par l’accusation.
« On fabule, on raconte une histoire, on essaie de faire rentrer des ronds dans des carrés »,
a-t-elle accusé. « C’est bien beau de parler d’indices mais encore faut-il qu’ils s’imbriquent entre eux. »
Elle a enfin conclu sa plaidoirie, la voix un moment voilée par l’émotion, en appelant les jurés à mettre « fin à ce cauchemar »,
faisant d’eux « les derniers remparts de ce cirque judiciaire »
.
Cédric Jubillar face à « une meute accusatrice »
Alexandre Martin a ensuite retracé, lors d’une nouvelle plaidoirie de trois heures, le parcours personnel de son client et l’évolution du couple qu’il formait avec Delphine jusqu’aux semaines ayant précédé la nuit de la disparition de l’infirmière, entre le 15 et le 16 décembre 2020, réfutant le scénario d’un crime commis par un homme « dévoré par la passion ».
Cédric Jubillar acceptait la perspective d’un divorce, même si c’était difficile, a soutenu son avocat. « Ce soir-là, il faudrait imaginer que Cédric Jubillar va exploser et commettre un crime passionnel qui ne lui correspond nullement »
, un scénario impossible selon l’avocat.
Il a décrit son client comme un « homme seul, détruit »,
victime « d’une conviction des gendarmes figée depuis le début »,
soumis à une « meute accusatrice »
et à un « acharnement médiatique ».
L’accusé a « une vie sans aucune caricature »,
il « gueule pour exister »
et « veut qu’on l’aime »,
a ajouté l’avocat. « Il est chiant oui, il sait tout sur tout, lui, le gamin agité, il veut qu’on le regarde »,
a encore énuméré Alexandre Martin.
Pour lui, cette affaire est devenue un « cimetière de certitudes
» avec des « indices »
qui ne sont pas ceux « d’un crime »
ou « d’une scène de crime »
, mais ceux « d’un coupable annoncé sans crime, ni scène de crime ». « Ce procès est vicié, c’est dérouler un tapis rouge à l’erreur judiciaire d’accepter même qu’il se tienne »,
a affirmé l’avocat de Cédric Jubillar, avant de conclure à l’adresse des jurés : « Votre devoir vous dicte de l’acquitter ».
La cour n’a désormais plus qu’à entendre vendredi matin l’accusé, à qui sera donné, comme le prévoit le code de procédure pénale, la possibilité de s’exprimer une dernière fois, avant de partir délibérer. Les trois magistrats et les six jurés devront rendre leur verdict selon leur intime conviction. Sept sur neuf doivent déclarer Cédric Jubillar coupable pour qu’il soit condamné. Si trois votent non coupable, il sera acquitté.








