• Des records de température pour un mois de février ont touché toute la France ce mercredi.
  • Cette chaleur estivale fait grimacer les producteurs de fruits et légumes.
  • Leurs produits pourraient se retrouver sur les étals plus tôt que prévu et engranger des pertes financières importantes.

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Notre planète

Vous vous êtes sans doute promené en t-shirt mercredi 25 février pour profiter du soleil. Alors que les températures de saison s’élèvent à 9°C en temps normal, le mercure s’est envolé dans toute la France mercredi : 20°C à Paris, 27°C à Biarritz ou encore 24°C dans le Puy-de-Dôme. « Là, on a l’impression qu’on est en avril-mai, c’est pas normal », dit une jeune femme dans un parc parisien. Si cette douceur estivale peut vous ravir, elle n’est pas au goût de tous, notamment des producteurs de fruits et légumes qui partagent leurs craintes dans le reportage TF1 en tête de cet article. 

Ce phénomène exceptionnel pour un mois de février a en effet des conséquences sur les cultures. Dans le Gard, les abricotiers de nombreux vergers sont déjà en fleurs. De quoi bouleverser le calendrier de Geoffrey Arribat, arboriculteur à Saint-Gilles dans le Gard : « On a une semaine d’avance comparée à l’année dernière. » Et il ne cache pas son inquiétude car « l’arbre s’est cru au printemps, du coup il a commencé à démarrer, alors que pas du tout, on est encore en plein mois d’hiver. »

Tout le cycle naturel se retrouve ainsi perturbé. Selon l’arboriculteur, « comme on est quand même assez tôt dans l’année, les abeilles, on en voit quelques-unes, mais il y en a qui n’ont pas forcément encore le temps de venir, et du coup un manque de pollinisation ». 

Un calendrier bousculé

Les conséquences ne sont pas qu’environnementales, l’économie du marché du fruit risque de prendre un coup également. Les abricots français arrivent en général sur le marché avant les abricots espagnols, sauf que « là, si les deux marchés arrivent en même temps, il va y avoir un gros volume de fruits, et du coup une baisse du prix », précise Geoffrey Arribat. 

À 200 kilomètres plus au nord, à Bourg-lès-Valence, les pêchers sont eux aussi déjà en fleurs. Carlos Asencio, chef d’exploitation à la ferme Asencio, ne masque pas non plus ses craintes : « Concrètement, on n’a pas loin de 15 jours d’avance sur la plupart de nos variétés. La problématique pour nous, c’est qu’on n’est pas à l’abri d’un gel. En 2022, la vallée du Rhône avait été touchée par un gel tardif. Nous, on avait perdu à cette époque aux alentours de 70 à 80% de notre production. » Si cela venait à se reproduire pour ses pêches, la perte pour son exploitation s’élèverait à 200.000 euros. 

D’autres fruits et légumes sont impactés en 2026. « On voit que, par exemple, le chou-fleur, le poireau, la salade sont à 80% de leur potentiel de croissance sur une saison où ils devraient être entre 0 et 40% maximum. C’est-à-dire que la vitesse de croissance des végétaux actuels est extrêmement rapide par rapport à la saison », alerte Serge Zaka, agroclimatologue et fondateur d’Agroclimat 2050. Une saison de printemps qui ne débute officiellement que le 20 mars, dans un mois. 

Malika CHEKLAL | Reportage Julien ROUX, Louanne NEAU, Lucas LASSALLE

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