• L’Organisation météorologique mondiale publie, ce lundi, son bilan de l’année 2025.
  • Avec une conclusion pas vraiment surprenante : l’année dernière a de nouveau été trop chaude.
  • L’OMM confirme ainsi que les années 2015 à 2025 sont les 11 années les plus chaudes jamais enregistrées.

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Notre planète

Et de 11. Dans son rapport sur l’état du climat, l’Organisation météorologique mondiale (nouvelle fenêtre) confirme que les années 2015-2025 sont les 11 années les plus chaudes jamais enregistrées. Une hausse des températures causée par l’activité humaine qui vient déstabiliser l’équilibre de la Terre, alors que les concentrations de gaz à effet de serre entraînent un réchauffement continu de l’atmosphère et de l’océan ainsi que la fonte des glaces. 

« Ces changements rapides et à grande échelle se sont produits en quelques décennies, mais auront des répercussions néfastes pendant des centaines voire des milliers d’années », pointe l’OMM dans un communiqué. Voici quatre graphiques à retenir pour mesurer l’ampleur de la situation. 

Un équilibre de plus en plus précaire

Pour la première fois dans ses bilans annuels, l’OMM s’est penchée sur le bilan énergétique de notre planète, soit la vitesse à laquelle l’énergie entre et sort du système Terre. « Dans un climat stable, la quantité d’énergie solaire entrante est à peu près égale à la quantité d’énergie sortante », pointe l’Organisation. 

Or, ces dernières années, l’équilibre est rompu par l’augmentation des concentrations de gaz à effet de serre, dont les principaux sont le CO₂, CH₄ et N₂O, dans l’atmosphère. 

En 2024, la concentration de CO₂ a atteint son niveau le plus élevé depuis deux millions d’années et celles de méthane et de protoxyde d’azote depuis au moins 800.000 ans. Résultat : « Le climat n’a jamais été aussi déséquilibré depuis le début des observations ». 

Représentation schématique du bilan et du déséquilibre énergétiques de la Terre – Giec

Un déséquilibre qui s’est accentué depuis le début des relevés en 1960 et en particulier au cours des vingt dernières années, pour atteindre un nouveau record en 2025. « Les activités humaines perturbent de plus en plus l’équilibre naturel, et nous devrons vivre avec ces conséquences pendant des centaines, voire des milliers d’années », alerte la Secrétaire générale de l’OMM, Celeste Saulo.

« Au quotidien, nos conditions météorologiques sont devenues plus extrêmes, pointe aussi la responsable. En 2025, les vagues de chaleur, les feux de forêt, les périodes de sécheresse, les cyclones tropicaux, les tempêtes et les inondations ont causé des milliers de morts, touché des millions de personnes et entraîné des pertes économiques se chiffrant en milliards de dollars ». 

Hausse continue de la température

Le réchauffement de l’atmosphère est particulièrement visible ces dernières années : 2025 se classe à la deuxième ou troisième place des années les plus chaudes jamais observées (depuis le début des relevés d’observation il y a 176 ans), avec une température supérieure d’environ 1,43°C à la moyenne de la période préindustrielle (1850-1900). 

Les années 2015-2025 ont été les onze plus chaudes jamais enregistrées
Les années 2015-2025 ont été les onze plus chaudes jamais enregistrées – Organisation météorologique mondiale

Pourtant, 2025 s’est déroulée dans le contexte d’un épisode La Niña, qui a entraîné une baisse temporaire des températures mondiales. Selon l’OMM, cette année 2026 pourrait être marquée par un retour de son petit frère, El Niño, surnommé « l’enfant terrible du climat » et synonyme de remontée du thermomètre.

Records de chaleur dans l’océan

Sur Terre, plus de 91% de l’excédent de chaleur est stocké dans l’océan, lequel joue un rôle crucial de tampon contre la hausse des températures sur les continents (qui eux ne stockent que 5% de l’énergie excédentaire contre 1% pour l’atmosphère). 

Mais en 2025, le contenu thermique de l’océan – jusqu’à une profondeur de 2.000 mètres – a atteint son niveau le plus élevé depuis le début des relevés, en 1960. 

Il a dépassé le précédent record établi en 2024. Sur la période 2005-2025, le taux de réchauffement océanique a été deux fois supérieur à celui observé au cours de la période 1960-2005, pointe l’OMM. Par ailleurs, malgré les conditions La Niña, environ 90% de la surface océanique a connu au moins une vague de chaleur marine en 2025.

Contenu thermique annuel de l’océan à l’échelle mondiale jusqu’à une profondeur de 2 000 m pour la période 1960-2025, en zettajoules (ZJ) – Organisation météorologique mondiale

Le réchauffement de l’océan a d’importantes conséquences, entraînant notamment une dégradation des écosystèmes marins, la perte de biodiversité et la réduction du puits de carbone océanique. 

Une des pires années pour les glaciers

Les 3% restants de l’énergie excédentaire sur Terre réchauffent la glace. Dans la lignée de cette dernière décennie, l’année 2024/2025 a été l’une des pires pour les glaciers, dont la perte de masse se classe parmi les cinq plus importantes jamais enregistrées. 

« Huit des dix années où l’on a enregistré les plus importantes pertes de glace glaciaire ont eu lieu depuis 2016 », pointe l’OMM qui rappelle que l’an passé, « une perte de masse glaciaire exceptionnelle s’est produite en Islande et le long de la côte pacifique de l’Amérique du Nord ». 

En 2025, la perte de masse des glaciers de référence s’est classée parmi les cinq plus importantes jamais enregistrées – Organisation météorologique mondiale

Côté glaces de mer, en 2025, l’étendue annuelle en Arctique s’est classée au premier ou au deuxième rang des niveaux les plus bas jamais mesurés depuis 1979 et au troisième rang pour l’Antarctique, après celles de 2023 et 2024. Les quatre plus faibles minima de glace de mer antarctique jamais observés ont tous été enregistrés ces quatre dernières années. 

Le réchauffement océanique et la fonte des glaces entraînent une élévation à long terme du niveau mondial moyen de la mer, qui s’est accélérée depuis le début des mesures satellitaires, en 1993.

D’où l’appel à l’action lancé par Antonio Guterres ce lundi. « Le climat mondial est en état d’urgence. La Terre est poussée au-delà de ses limites. Tous les indicateurs climatiques clés sont au rouge », alerte le Secrétaire général de l’ONU qui rappelle : « L’humanité vient de connaître les 11 années les plus chaudes jamais enregistrées. Quand l’histoire se répète 11 fois, ce n’est plus une coïncidence. C’est un appel à l’action ».

Annick BERGER

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