• Cette horloge qui symbolise depuis 1947 l’imminence d’un cataclysme planétaire s’est rapprochée mardi plus que jamais de minuit.
  • Elle affiche désormais quatre secondes de moins qu’il y a un an.
  • En cause : les inquiétudes grandissantes concernant les armes nucléaires, le changement climatique et la désinformation.

« Échec de leadership ». Le constat est clair ce mardi 27 janvier alors que l’horloge de l’apocalypse s’est rapprochée plus que jamais de minuit. Cet outil qui symbolise depuis 1947 l’imminence d’un cataclysme planétaire affiche désormais 85 secondes avant minuit, selon le Bulletin of the Atomic Scientists (nouvelle fenêtre) qui est chargé de mettre à jour l’horloge chaque année. C’est quatre secondes de moins qu’il y a un an et du jamais vu depuis sa création. En cause : l’inquiétude grandissante concernant les armes nucléaires, le changement climatique et la désinformation.

L’horloge de l’apocalypse affiche 85 secondes avant minuit – Images By Christiani Inc.

Cette mise à jour intervient un an après le début du second mandat du président américain Donald Trump, au cours duquel il a bouleversé l’ordre mondial, ordonnant des attaques unilatérales et se retirant d’une série d’organisations internationales. La Russie, la Chine, les États-Unis et d’autres grands pays sont « devenus de plus en plus agressifs, hostiles et nationalistes », a indiqué le groupe de scientifiques dans un communiqué annonçant l’avancement de l’horloge, décidé après consultation d’un comité incluant huit lauréats du prix Nobel.

« Les accords internationaux obtenus de haute lutte sont en train de s’effondrer, accélérant une compétition entre grandes puissances où le vainqueur remporte tout et sapant la coopération internationale essentielle pour réduire les risques de guerre nucléaire, de changement climatique, d’utilisation abusive des biotechnologies, de menace potentielle de l’intelligence artificielle et d’autres dangers apocalyptiques », ont affirmé les membres du Bulletin of the Atomic Scientists.

Un changement « nécessaire et possible »

Les experts s’inquiètent notamment de la montée des autocraties dans le monde, citant en particulier les États-Unis et les événements des dernières semaines à Minneapolis avec la mort de deux Américains tués par des agents fédéraux. Autre sujet : les risques accrus d’une course aux armements nucléaires avec l’expiration la semaine prochaine du traité New Start sur la réduction des armes nucléaires entre les États-Unis et la Russie et le coûteux système de défense antimissile de Donald Trump, le « Dôme d’or », qui placerait des armes en orbite. 

« Les tendances dangereuses en matière de risque nucléaire, de changement climatique, de technologies disruptives telles que l’IA et de biosécurité s’accompagnent d’une autre évolution effrayante : la montée des autocraties nationalistes dans les pays du monde entier. Nos plus grands défis exigent la confiance et la coopération internationales, et un monde qui se divise en ‘nous contre eux’ rendra l’humanité tout entière plus vulnérable », a alerté Daniel Holz, physicien à l’université de Chicago et membre du Bulletin of Atomic Scientists.

« Le message de l’horloge de l’apocalypse ne pourrait être plus clair. Les risques catastrophiques augmentent, la coopération diminue et nous sommes à court de temps. Le changement est à la fois nécessaire et possible, mais la communauté internationale doit exiger de ses dirigeants qu’ils agissent rapidement », a estimé pour sa part Alexandra Bell, présidente et directrice du comité.

Parfois nommé horloge de la fin du monde, cet indicateur métaphorique a été créé en 1947 face à la montée du péril nucléaire et l’affrontement entre les deux blocs pendant la Guerre froide. L’année de sa création, l’horloge avait été réglée à minuit moins sept minutes. Depuis, les membres de cette organisation basée à Chicago ont élargi les critères pour inclure, par exemple, les pandémies, la crise climatique ou les campagnes étatiques de désinformation.

A.B. avec AFP

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