
L’ex-magnat hongkongais prodémocratie Jimmy Lai, condamné à vingt ans de prison pour sédition en vertu d’une loi sur la sécurité nationale, a remporté, jeudi 26 février, une victoire judiciaire inattendue dans un autre dossier.
« Nous validons les appels, annulons les verdicts et suspendons les peines » dans le procès pour fraude touchant le fondateur du journal Apple Daily – désormais fermé –, a déclaré le juge de la haute cour de Hongkong, Jeremy Poon.
Jimmy Lai, qui n’a pas comparu devant le tribunal et est resté en détention, avait été condamné en 2022 à une peine de prison de cinq ans et neuf mois pour ce que le juge de première instance avait qualifié de stratagème « planifié, organisé et étalé sur plusieurs années ».
Cette affaire de fraude découlait d’un litige sur un contrat de location. Lors du procès, le parquet a soutenu qu’un cabinet de conseil exploité par M. Lai à titre personnel avait occupé des bureaux qu’Apple Daily avait loués pour les activités de publication et d’impression du journal. Il avait été condamné pour violation des termes du bail signé par Apple Daily avec une société d’Etat, que le parquet avait qualifié de fraude.
Justice civile plutôt que pénale
Les avocats de la défense avaient fait valoir que l’affaire aurait dû relever de la justice civile plutôt que du pénal, en ajoutant que la superficie des locaux en cause était minime. Un ancien cadre d’Apple Daily, Wong Wai-keung, avait également été inculpé dans la même affaire et condamné à vingt et un mois de prison.
Le 10 février, un tribunal de Hongkong a condamné à vingt ans de prison Jimmy Lai, âgé de 78 ans, pour collusion avec l’étranger et publication séditieuse. La peine, prononcée malgré les pressions étrangères, est la plus lourde jamais infligée au titre de la loi sur la sécurité nationale imposée en 2020 par la Chine après les manifestations en faveur de la démocratie, parfois violentes, qui avaient secoué l’année précédente Hongkong, rétrocédé par le Royaume-Uni en 1997.

