C’est un rouleau compresseur, au sens figuré, qui raconte la politique d’effacement des Palestiniens. Dans la vie réelle, ce sont des tractopelles et des bulldozers, escortés par des policiers, qui arrivent tôt le matin et viennent détruire les maisons habitées par des familles palestiniennes depuis des décennies. A Jérusalem-Est et sa banlieue immédiate, annexée par la force en 1980, la colonisation avance chaque jour un peu plus sous les coups de boutoir des machines et des tribunaux, maison par maison, quartier par quartier, pour donner plus de place aux familles juives au détriment des familles palestiniennes.

Cette même maison le le 10 février 2026, alors que les forces de l'ordre sont venues la détruire, dans le quartier de Bustan, à Silwan, Jérusalem-Est.

Fakhri Abu Diab, comptable et traducteur de 64 ans, en parle avec émotion devant le noyer planté avec sa mère quand il était petit garçon, au cœur de Silwan, une ville de 60 000 habitants à proximité immédiate des lieux saints de Jérusalem. C’était avant 1967, avant le début de l’occupation de Jérusalem-Est par Israël au nom de sa victoire contre ses voisins arabes pendant la guerre des Six-Jours. Le noyer, comme ultime souvenir. Parce que la maison familiale, elle, n’est plus qu’un tas de gravats, mélange de ferrailles, de meubles écrasés, de souvenirs détruits et de béton.

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