Une nappe de brouillard a envahi la mer et le plateau. Sur un fond de ciel livide, la silhouette d’un homme, le capitaine Vere, comparaît au tribunal des hommes et de sa conscience. L’homme a jadis laissé condamner à mort un jeune marin, injustement accusé de mutinerie. Deuxième volet de la trilogie festivalière « Parier sur la beauté », Billy Budd, chef-d’œuvre lyrique composé par Benjamin Britten d’après la nouvelle éponyme d’Herman Melville (auteur de Moby Dick) fait enfin son entrée au répertoire de l’Opéra de Lyon sous le double parrainage de Richard Brunel, programmateur et metteur en scène. Une réussite incontestable.
Exclusivement composé de voix d’hommes, Billy Budd est le théâtre d’une lutte sans merci. Pas seulement l’âpre combat de la marine royale anglaise guerroyant contre la flotte française républicaine au large des côtes du Finistère en 1797. Mais la bataille du bien contre le mal, de la bonté contre la haine, de l’ombre et de la lumière. L’Indomptable a arraisonné le Droits-de-l’homme, un navire marchand britannique, afin d’enrôler de force de nouvelles recrues. Parmi les trois marins, le charismatique Billy Budd, « fleur de la beauté virile, magnifique spécimen du genre humain », aimé de tous, au grand dam de l’impitoyable et cruel capitaine d’armes, John Claggart, lui-même fasciné par celui qu’on appelle « Baby » ou « Beauty », qu’il va s’acharner à perdre.
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