L’autoroute n’est soudainement plus que poussière, pierraille et amas de ferraille. C’est au bout d’une longue descente, dans le fond d’une vallée, que le gris du bitume, teinté par la terre ocre des champs, vire au rouge au moment de franchir le fleuve Litani. Sur plusieurs dizaines de mètres, un gouffre sépare les deux portions de la chaussée. A ses abords se dégage l’odeur âcre d’une couche d’asphalte fondu qui colle aux pieds.
A 80 kilomètres au sud de Beyrouth, le pont de Qasmiyeh, situé sur la voie rapide reliant la région de Tyr au reste du Liban, a été détruit, dimanche 22 mars, par deux bombardements israéliens. Enjambant le cours d’eau aux eaux sombres, ce lieu de passage, qui a de nouveau été attaqué dans l’après-midi de lundi, servait aux Libanais souhaitant fuir les bombardements israéliens à remonter vers le nord et, en sens inverse, à ravitailler les villes et les villages de la région.
Il ne reste désormais plus qu’une seule voie d’accès pour relier la capitale à la ville de Tyr, située à 20 kilomètres de la frontière avec Israël : la vieille route côtière, que l’on rejoint après avoir serpenté à travers des champs de bananiers.
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