
En mars 2017, Emmanuel Macron, alors candidat à la présidentielle, fait escale à Villers-Cotterêts (Aisne) pour vanter le « patriotisme ouvert et généreux » de la France. Dans ce coin de Picardie frappé par la désindustrialisation et gagné par le Rassemblement national (RN) depuis 2014, le symbole est hautement politique. Le soir même, le futur chef de l’Etat annonce que, s’il est élu, il rénovera le château de François Ier, où fut promulguée, en 1539, l’ordonnance rendant obligatoire l’usage du français, pour en faire un haut lieu de la francophonie. « Un projet exemplaire », se félicitait-il, six ans plus tard, en inaugurant, le 30 octobre 2023, la Cité internationale de la langue française.
A la veille de municipales à suspense où trois candidats se disputent la relève – le maire sortant (RN), Franck Briffaut, un compagnon de route de Jean-Marie Le Pen, s’est effacé au profit de sa première adjointe, Gaëlle Lefèvre –, une question demeure : le chantier présidentiel, qui a englouti 211 millions d’euros, a-t-il vraiment tenu sa promesse de ciment culturel ? Pour ses contempteurs, le « château Macron » serait un équipement coûteux et hors-sol, à l’avenir incertain. Pour ses partisans, au contraire, cette restauration hors norme a rallumé la mèche d’une fierté locale qui s’était éteinte et redonné de l’élan à l’économie du territoire.
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