
Le ministère de la justice américain (DoJ) s’est engagé, jeudi 26 février, à réexaminer des documents du dossier Epstein, après avoir été accusé d’en avoir caché plusieurs mentionnant Donald Trump. Certains de ces fichiers mentionnaient, notamment, des accusations d’agression sexuelle sur mineure.
« Comme pour tous les documents qui ont été signalés (…), le ministère passe actuellement en revue les fichiers appartenant à cette catégorie, a écrit le DoJ dans un communiqué. Si un document s’avère avoir été mal classé lors du processus d’examen, et qu’il répond aux critères de la loi, le ministère le publiera, bien sûr », a-t-il assuré, faisant ainsi allusion au texte adopté l’an dernier pour ordonner au gouvernement de divulguer tous ses dossiers relatifs à Jeffrey Epstein.
Depuis mardi, les appels à la transparence étaient montés aux Etats-Unis, après que NPR a rapporté que le ministère de la justice américain, dirigé par Pam Bondi, une fidèle du président républicain, avait empêché la publication de documents liés à des accusations contre Donald Trump. Selon la radio publique, plusieurs fichiers évoquant des accusations contre Jeffrey Epstein et qui mentionnent Donald Trump ont également été retirés de la base de données publique relative au criminel sexuel, mort en prison en 2019 avant un procès.
« C’est la plus grande opération de dissimulation du gouvernement dans l’histoire moderne », ont accusé mercredi les élus démocrates de la puissante commission de supervision à la Chambre des représentants. « Nous exigeons des réponses », ont-ils ajouté sur X.
En réponse, le DoJ les a exhortés à « cesser de tromper le grand public en fabriquant de l’indignation de la part de leur base radicale anti-Trump ». Plus tôt, le ministère avait soutenu sur X que « RIEN [n’avait] été supprimé » : seuls des documents doublons, tombant sous le coup d’une interdiction légale de publication ou bien faisant partie d’une enquête fédérale en cours n’ont pas été rendus publics, d’après lui.
Le New York Times avait lui aussi rapporté mercredi que, parmi les documents non publiés, figurent des notes de la police fédérale (FBI) résumant des interrogatoires effectués en lien avec les accusations d’une femme en 2019. Celle-ci s’était présentée après l’arrestation du financier new-yorkais et avait affirmé avoir été agressée sexuellement quelques décennies plus tôt, lorsqu’elle était mineure, par Jeffrey Epstein et Donald Trump. Le quotidien new-yorkais affirme que sur les quatre interrogatoires effectués, un seul résumé − évoquant les accusations contre Jeffrey Epstein − a été rendu public.
Trump a toujours nié avoir eu connaissance du comportement criminel d’Epstein
Les élus démocrates de la commission de supervision ont affirmé avoir enquêté ces dernières semaines sur la manière dont le FBI a géré les accusations portées en 2019, et disent « pouvoir confirmer que le ministère de la justice semble avoir illégalement retenu des interrogatoires du FBI » avec la victime présumée.
Le ministère de la justice américain a publié le 30 janvier « plus de trois millions de pages » en partie caviardées du dossier Epstein, affirmant que l’administration Trump s’était ainsi acquittée de son obligation, imposée par une loi adoptée en novembre par le Congrès, de faire toute la lumière sur ce dossier politiquement explosif.
Le Monde Mémorable
Testez votre culture générale avec la rédaction du « Monde »
Testez votre culture générale avec la rédaction du « Monde »
Découvrir
Newsletter
« A la une »
Chaque matin, parcourez l’essentiel de l’actualité du jour avec les derniers titres du « Monde »
S’inscrire
Le Monde Application
La Matinale du Monde
Chaque matin, retrouvez notre sélection de 20 articles à ne pas manquer
Télécharger l’application
Newsletter abonnés
« International »
L’essentiel de l’actualité internationale de la semaine
S’inscrire
Mais plusieurs victimes de Jeffrey Epstein s’indignent que de nombreux documents aient été caviardés, et qu’aucune suite n’ait été donnée en matière judiciaire contre les complices présumés du financier. Un temps proche de Jeffrey Epstein avec qui il évoluait dans les mêmes cercles, Donald Trump a toujours nié avoir eu connaissance de son comportement criminel et assure avoir rompu avec lui bien avant ses ennuis judiciaires.

