
La complice de Jeffrey Epstein, Ghislaine Maxwell, qui purge une peine de vingt ans de prison, doit témoigner, lundi 9 février, devant une commission de la Chambre des représentants américaine, mais elle a déjà prévenu qu’elle invoquerait son droit à garder le silence.
Cette audition, qui devrait se dérouler à huis clos en visioconférence de sa prison au Texas, aura lieu alors que fait rage aux quatre coins du globe la tempête provoquée par la publication, le 30 janvier, de masses de documents du dossier Epstein, qui embarrassent de nombreuses personnalités. Ces « plus de trois millions de pages » publiées par le ministère de la justice ne contiennent pas d’élément nouveau pouvant aboutir à des poursuites supplémentaires, avait d’emblée prévenu le procureur général adjoint, Todd Blanche.
Mais, bien que la simple mention du nom d’une personne dans le dossier ne suppose a priori aucune répercussion, de nombreuses personnalités redoutent l’onde de choc des révélations sur leurs liens passés avec le criminel sexuel.
James Comer, le président de la commission des enquêtes de la Chambre des représentants, dominée par les républicains, avait annoncé le 21 janvier cette audition de Ghislaine Maxwell, 64 ans, attendue depuis de longs mois. Les avocats de la détenue, engagée dans d’ultimes recours contre sa condamnation, en 2022, à vingt ans de prison pour exploitation sexuelle, exigeaient du Congrès l’immunité pénale en échange de son témoignage.
Plusieurs questions
Faute de l’avoir obtenue, ils ont prévenu dans une lettre à M. Comer qu’elle invoquerait son droit à ne pas s’incriminer, garanti par le 5e amendement de la Constitution américaine. Par conséquent, cette audition « n’aurait d’autre but que du pur théâtre politique et le gaspillage de l’argent des contribuables. La commission n’obtiendrait ni témoignage, ni réponses, ni faits nouveaux », ont-ils estimé.
Un député démocrate, Ro Khanna, a publié sur son site une lettre contenant les sept questions qu’il comptait poser à Ghislaine Maxwell, même si elle refuse d’y répondre. « Avez-vous, ou M. Epstein, organisé, facilité ou permis au président Trump d’avoir accès à des mineures ? », souhaite demander le député. Une autre question porte sur les complices potentiels du prédateur sexuel. « Pourquoi pensez-vous qu’ils n’ont pas été inculpés ? », compte demander M. Khanna.
Le démocrate aimerait également savoir quels sont « les gouvernements étrangers ou services de renseignement, y compris ceux associés à la Russie et à Israël, avec lesquels M. Epstein a partagé des informations ou pour le compte desquels il a agi ».
Todd Blanche, ancien avocat personnel de Donald Trump, était allé à la fin de juillet, dans une démarche hautement inhabituelle, jusqu’à se rendre en Floride où elle purgeait sa peine pour l’interroger pendant une journée et demie. Peu après, elle a été transférée dans une prison au régime de sécurité moins strict au Texas, provoquant l’indignation des victimes et de leurs proches.
Bill Clinton bientôt auditionné
Dans la retranscription de cet entretien, publiée en août par le ministère, Ghislaine Maxwell dit ne pas croire au suicide en prison, en août 2019 à New York, de Jeffrey Epstein, sans vouloir spéculer sur l’identité de la personne responsable de la mort de son complice et ancien compagnon.
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Une partie des Américains et des figures de la droite radicale pensent que le financier aurait été assassiné pour l’empêcher de mettre en cause des personnalités qui auraient bénéficié de son réseau d’exploitation sexuelle de jeunes filles.
Dans le même entretien, l’ancienne petite amie de Jeffrey Epstein confirme également qu’il ne conservait pas de « liste de clients », et ne pas avoir connaissance de quelque chantage à l’égard de personnalités importantes.
La même commission parlementaire a convoqué, pour les auditionner séparément à la fin du mois, l’ancien président démocrate Bill Clinton et son épouse Hillary, ancienne secrétaire d’Etat américaine, sur les liens qu’a entretenus Bill Clinton avec Jeffrey Epstein. Ils ont exigé cette semaine des auditions publiques, disant vouloir éviter l’instrumentalisation de leurs propos par les républicains.

