Thorbjorn Jagland, à Oslo, le 3 mars 2015.

La police norvégienne a annoncé, jeudi 5 février, l’ouverture d’une enquête sur l’ancien premier ministre Thorbjorn Jagland, pour des soupçons de « corruption aggravée » du fait de ses liens passés avec le criminel sexuel américain Jeffrey Epstein.

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Chef du gouvernement travailliste de 1996 à 1997, M. Jagland était président du comité Nobel, qui décerne le prix Nobel de la paix, et secrétaire général du Conseil de l’Europe au moment où il a tissé des liens avec M. Epstein, dans les années 2010.

La police « a ouvert une enquête visant l’ancien premier ministre, ancien président du comité Nobel norvégien et ancien secrétaire général du Conseil de l’Europe, Thorbjorn Jagland, pour des soupçons de corruption aggravée », a précisé l’Autorité nationale d’enquête et de poursuite des infractions économiques et environnementales, l’Okokrim, dans un communiqué.

« Filles extraordinaires »

Selon le journal norvégien Verdens Gang, qui s’appuie sur les documents diffusés vendredi par le ministère de la justice américain, M. Jagland a sollicité une garantie du financier américain pour l’achat d’un appartement, sans que l’on connaisse l’issue de cette demande.

M. Jagland a par ailleurs séjourné chez M. Epstein à New York en 2018, ainsi qu’à Paris en 2015 et 2018, selon ces mêmes documents. Il avait dans le passé assuré que ses liens avec Jeffrey Epstein étaient « un aspect d’une activité diplomatique normale ». Dimanche, il a avoué au journal Aftenposten qu’il avait fait preuve « d’une erreur de jugement » en ayant cette relation.

Certains de ses échanges avec l’homme d’affaires américain ont par ailleurs fait des remous en Norvège. « J’ai été à Tirana (Albanie) – filles extraordinaires », lui écrit-il dans un courriel en mai 2012. « Je ne peux pas continuer uniquement avec de jeunes femmes, comme tu le sais », lui dit-il aussi en janvier 2013.

L’ancien premier ministre norvégien et sa famille avaient en outre prévu un voyage en 2014 sur l’île du criminel sexuel américain, qui s’est suicidé en prison en 2019, mais ce voyage a finalement été annulé.

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De son côté, le ministère des affaires étrangères norvégien a dit qu’il allait demander au Conseil de l’Europe de lever l’immunité dont M. Jagland bénéficie au titre des fonctions de secrétaire général qu’il a occupées de 2009 à 2019. L’ouverture d’une enquête « souligne la gravité de l’affaire », a commenté le premier ministre norvégien, Jonas Gahr Store.

Le Monde avec AFP

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