
Le gouvernement britannique s’est dit prêt mardi 19 février, devant le Parlement, à publier des documents concernant la nomination du prince désormais déchu Andrew comme envoyé spécial au commerce en 2001, quelques heures après l’arrestation de l’ex-ambassadeur Peter Mandelson, également en lien avec l’affaire Epstein.
A quatre jours d’intervalle, ces deux personnalités britanniques mises en cause dans cette affaire tentaculaire ont été arrêtées et placées en garde à vue par la police, soupçonnées d’avoir transmis des informations économiques sensibles au financier et criminel sexuel américain Jeffrey Epstein.
Le gouvernement a apporté son soutien à une motion déposée mardi par le Parti des démocrates libéraux, centriste, réclamant la publication de documents relatifs à la nomination d’Andrew comme représentant spécial du Royaume-Uni pour le commerce international, poste qu’il a occupé de 2001 à 2011. Le texte a été adopté sans vote à la Chambre des communes, du fait de ce soutien de l’exécutif.
« C’est bien le minimum que nous devons aux victimes de ces atrocités, commises par Epstein et d’autres », a déclaré Chris Bryant, secrétaire d’Etat au commerce, devant les députés. Il a toutefois ajouté que le gouvernement devrait travailler avec la police pour veiller à ne pas « compromettre l’enquête ».
M. Bryant a décrit le frère cadet du roi, déchu de tous ses titres et chassé de sa demeure royale par Charles III en octobre, comme un « homme grossier, arrogant, imbu de ses privilèges et incapable de distinguer l’intérêt public de son propre intérêt privé ». Une telle attaque contre un membre de la famille royale était impensable au Parlement jusqu’à récemment.
« Faire éclater la vérité sur le rôle » d’Andrew
Même si elle a des répercussions « mondiales », l’affaire Epstein est aussi « un scandale profondément britannique qui atteint les plus hautes sphères de l’establishment », a fustigé Ed Davey, chef de file des libéraux démocrates, en disant vouloir « faire éclater la vérité sur le rôle » d’Andrew Mountbatten-Windsor. Il avait auparavant appelé dans un communiqué à « mettre fin à l’ère de l’impunité ».
Le gouvernement s’est déjà engagé début février, après l’adoption au Parlement d’une motion déposée par les conservateurs, à publier des documents sur la nomination de l’ex-figure du parti travailliste Peter Mandelson au poste d’ambassadeur à Washington fin 2024.
La ministre de l’éducation, Bridget Phillipson, a confirmé mardi sur la chaîne Sky News qu’une première tranche serait publiée début mars, ajoutant aussi qu’il fallait s’assurer que rien « ne puisse compromettre l’enquête ». Une partie des documents, potentiellement sensibles pour la sécurité nationale, sont préalablement filtrés par une commission parlementaire.
Keir Starmer sous pression
Peter Mandelson, ancien ministre et commissaire européen, a été laissé en liberté sous caution dans la nuit de lundi à mardi, après plusieurs heures en garde à vue dans un commissariat londonien. Il est soupçonné de manquements à ses devoirs dans l’exercice de ses fonctions publiques lorsqu’il était ministre au sein du gouvernement de Gordon Brown de 2008 à 2010.
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Comme pour Andrew Mountbatten-Windsor, les liens de Peter Mandelson avec Jeffrey Epstein étaient connus. Cependant, ces deux arrestations font suite à de nouvelles révélations issues d’une nouvelle salve de documents des dossiers Epstein publiés à la fin de janvier par le département de la justice américain.
Même si les deux enquêtes sont distinctes, le journal The Telegraph a exhumé des propos tenus devant le Parlement en 2001 par Peter Mandelson, lequel jugeait l’ancien duc d’York « tout à fait qualifié » pour le rôle d’envoyé spécial.
Andrew Lownie, ex-journaliste à la BBC et biographe du prince déchu, a déclaré à l’Agence France-Presse que Peter Mandelson et Tony Blair, premier ministre en 2001, avaient « imposé la nomination » d’Andrew Mountbatten-Windsor comme envoyé spécial.
Les révélations sur les liens de M. Mandelson, ancienne figure du Parti travailliste, avec le pédocriminel américain ont mis sous pression le premier ministre, Keir Starmer, accusé de l’avoir nommé alors même qu’il savait que l’ex-ministre était resté proche de Jeffrey Epstein après la condamnation de ce dernier pour crimes sexuels.
Keir Starmer, qui avait rappelé Peter Mandelson des Etats-Unis en septembre 2025 à la suite de nouvelles informations le liant à Jeffrey Epstein, a depuis lors présenté ses excuses, notamment aux victimes, et son chef de cabinet comme son directeur de la communication ont démissionné.

