Casey Wasserman lors de la session du Comité internationale olympique, à Milan (Italie), le 3 février 2026.

La pression n’en finit plus de monter autour de Casey Wasserman, le président du comité d’organisation des Jeux olympiques (JO) 2028 à Los Angeles (Californie) depuis la publication, à la fin du mois de janvier d’e-mails où il flirte avec Ghislaine Maxwell, l’ex-compagne de Jeffrey Epstein, emprisonnée pour avoir aidé le financier décédé à recruter des prostituées mineures.

Dernière conséquence en date, la chanteuse Chappell Roan, très populaire aux Etats-Unis, a rompu, lundi 9 février, avec l’agence Wasserman, l’entreprise à travers laquelle il représente pléthore de stars musicales – dont Pharrell Williams ou les groupes Coldplay et Imagine Dragons.

« Aucun artiste, agent ou employé ne devrait être amené à défendre ou à fermer les yeux sur des actes qui sont profondément en contradiction avec nos valeurs morales », a dénoncé la star de la pop, sans faire référence au dossier Epstein. D’autres artistes moins connus ont également quitté l’agence Wasserman ces derniers jours. Selon le Hollywood Reporter, d’autres stars envisagent de couper les ponts, et des employés songent à racheter la société pour la renommer.

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Grande influence

Bien qu’il ne soit accusé d’aucun acte répréhensible en lien avec Jeffrey Epstein, M. Wasserman avait publié un communiqué dans lequel il avait dit regretter « profondément » cette correspondance tenue en 2003 avec Mme Maxwell, trois ans avant la première arrestation du criminel sexuel. Il ne fait l’objet d’aucune poursuite, mais ces e-mails où il déclarait rêver de la voir dans une « tenue moulante en cuir », alors qu’il était marié, le fragilisent.

Casey Wasserman figurait parmi une poignée de personnalités du monde du divertissement, dont les acteurs Kevin Spacey et Chris Tucker, qui ont accompagné l’ancien président américain Bill Clinton à bord du jet de Jeffrey Epstein pour un voyage philanthropique en Afrique en 2002. Dans une déclaration au Los Angeles Times le 8 février, il a affirmé que c’était la seule fois où il l’avait rencontré. « Après ce voyage, où je n’ai rien vu d’inapproprié, je ne lui ai plus jamais parlé, je ne l’ai plus jamais vu et je n’ai plus jamais communiqué avec lui », a-t-il déclaré.

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Mais la réputation de cet homme d’affaires de 51 ans doté d’une grande influence dans le sport, le cinéma, la musique et la politique, se ternit de plus en plus. La presse américaine a récemment repêché un article de tabloïd de 2024, l’accusant d’être un « trompeur invétéré » ayant couché avec plusieurs employées.

La semaine dernière, plusieurs élus locaux de Los Angeles l’ont appelé à démissionner de ses fonctions de patron des prochains JO d’été. « Le fait qu’il nous représente sur la scène internationale détourne l’attention de nos athlètes et des efforts considérables nécessaires pour préparer 2028 », a estimé l’une d’entre eux, Janice Hahn.

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En visite aux JO d’hiver de Milan, la délégation représentant Los Angeles a fait profil bas et M. Wasserman n’a pas pris de question. Il a néanmoins reçu le soutien du comité olympique américain (USOPC). « Casey a fait une déclaration qui reflète son point de vue (…) Nous n’avons rien à ajouter à cela. Sa déclaration parle d’elle-même », a déclaré le président de l’USOPC, Gene Sykes, lui-même habitant de Los Angeles.

Des enjeux financiers colossaux

La maire de la ville, Karen Bass, refuse également de se laisser entraîner dans la polémique, à deux ans de Jeux cruciaux pour une métropole récemment frappée par des incendies meurtriers et les descentes anti-migrants ordonnées par Donald Trump. Pour la démocrate, la question du maintien de M. Wasserman relève du seul conseil d’administration de LA 2028.

Cet organe, qui pilote le comité d’organisation des JO de Los Angeles, est composé d’une trentaine de personnalités, dont beaucoup sont des amis de M. Wasserman ou de sa famille – son père, Lew Wasserman, était un magnat du cinéma et a notamment dirigé Universal Studios.

Un désaveu paraît donc improbable. D’autant plus que M. Wasserman s’est imposé comme un interlocuteur privilégié de l’administration Trump, et est impliqué depuis plus de dix ans dans la préparation de ces JO aux enjeux financiers énormes.

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Comme en 1984, Los Angeles a opté pour des Jeux largement financés par le secteur privé. Le budget de LA 2028, estimé à environ 7 milliards de dollars (5,9 milliards d’euros environ), doit notamment être financé à hauteur de 2,5 milliards par des sponsors. En cas d’échec de l’organisation à s’autofinancer, les contribuables californiens risquent d’éponger plusieurs centaines de millions de cette facture.

Début décembre, M. Wasserman a annoncé avoir déjà sécurisé plus de 2 milliards en sponsors divers. Et malgré la polémique l’entourant depuis une dizaine de jours, aucun des grands groupes impliqués – Google, Uber, Starbucks, Honda, etc. – n’a réagi ou fait mention d’une quelconque intention de se retirer.

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Le Monde avec AP et AFP

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