• Un rapport d’inspection a mis en lumière les nombreux « dysfonctionnements » et « erreurs individuelles » dans le traitement d’une plainte datant d’août 2025 visant Jérôme Barella.
  • « Nous avons tous à nous remettre en cause », a estimé Gérald Darmanin.
  • Le ministre de la Justice était l’invité du 20H de TF1.

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Il y a bel et bien eu des « dysfonctionnements » et des « erreurs individuelles » dans le traitement d’une plainte pour viols sur mineur déposée en août 2025, et qui visait Jérôme Barella. Cette plainte, « alors que c’était un crime sur enfants, qu’une cinquantaine de viols avaient été dénoncés, qu’il y avait eu une expertise médicale, et une expertise psychologique », n’a pas été traitée comme une plainte prioritaire, a déploré Gérald Darmanin, ministre de la Justice, interrogé au 20H de TF1, lundi 22 juin. 

Le garde des Sceaux reconnait ainsi des « défaillances très importantes » dans le dossier de la jeune Lyhanna « qui ne sont pas dues dans le cas très précis à des manques de moyens ou à des problèmes quelconques ». « Elles sont dues, ici, à des défaillances personnelles », a-t-il précisé. « Ce n’est pas grave de le reconnaître. Ce n’est pas jeter l’opprobre sur tous les magistrats qui font un travail formidable, mais il arrive qu’il y ait des fautes professionnelles qui soient commises et il faut évidemment les sanctionner », a-t-il encore développé.

En conséquence, le ministre a annoncé lancer « une procédure disciplinaire, une enquête administrative qui sera rendue avant la fin de l’été, pour engager des sanctions qui seront à la hauteur des défaillances graves constatées pour le substitut du parquet d’Auch ». En parallèle, l’entourage de Gérald Darmanin a fait savoir à TF1/LCI que le magistrat s’est vu retirer son habilitation à mener des enquêtes et à traiter des dossiers s’agissant de mineurs.

« Évidemment que chacun a une part de responsabilité », a toutefois nuancé le ministre. « La mienne, c’est de mettre une pression saine en respectant l’état de droit sur les procureurs généraux. Est-ce que nous avons tous bien fait ? La réponse est non. Nous avons tous à nous remettre en cause », a-t-il reconnu, tout en évacuant la question de sa démission.

Un avant et un après l’affaire Lyhanna

« Les Français doivent savoir qu’il y a un avant et un après, qu’il y a une mobilisation extrêmement importante », a voulu rassurer Gérald Darmanin. Il a ainsi annoncé que, depuis une semaine 1.243 gardes à vue « concernant directement des atteintes sur des mineurs » ont été recensées. « Le parquet de Lyon a doublé le nombre de gardes à vue qui concernaient les atteintes sur les mineurs », a cité en exemple le garde des Sceaux. « Les Français doivent savoir qu’il y a un avant et un après, qu’il y a une mobilisation extrêmement importante », a-t-il martelé.

Ainsi 70.000 plaintes concernant des viols et des délits sur mineurs, sont actuellement réexaminées. Le ministre a également appelé à revoir l’organisation de la police et de la justice. « Quand il y a des défaillances aussi graves et qu’il y a une succession de défaillances aussi graves, c’est que manifestement, il y a, ici ou là, une mauvaise organisation. Nous vérifions en ce moment s’il s’agit ou non d’un cas exceptionnel », a-t-il fait savoir. « Cela veut dire qu’il n’y a pas de corde de rappel. […] Nous allons revoir nos process, et s’il le faut, revoir des organisations très profondément au ministère de la Justice », a-t-il affirmé.

Emma ALLAMAND

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