• Des manifestations se sont tenues dans de nombreuses villes de France ce samedi pour dénoncer les violences sexuelles.
  • À Paris, les organisateurs ont revendiqué 100.000 participants.
  • Les associations réclament une « loi-cadre intégrale » et une mobilisation plus franche des autorités.

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Des milliers de manifestants, dont de nombreuses familles avec enfants, se sont rassemblés partout en France samedi 4 juillet contre les violences sexuelles. Ils répondaient à l’appel d’associations féministes et de défense des enfants pour réclamer une « loi-cadre intégrale » sur le sujet. Dans la capitale, où le cortège s’est élancé sous un soleil de plomb vers 15h de la place de la Bastille, les manifestants scandaient « La vérité sort de la bouche des enfants », « 160.000 enfants que faites vous ? » ou encore « Darmanin, des moyens ! », sur des musiques d’Angèle et Clara Luciani.

« Nous sommes touchés personnellement en raison des agressions sexuelles dans les écoles où sont nos enfants à Paris. Les politiques font semblant de prendre des mesures », a témoigné auprès de l’AFP Raphaël, un manifestant venu avec sa femme et ses deux enfants.

Une loi « globale » réclamée dans la rue

À Paris, les organisateurs ont revendiqué 100.000 participants, saluant « une mobilisation historique contre les violences sexuelles ». Lycéenne de 17 ans présente dans le cortège, Eline, a raconté être allée porter plainte pour un viol cette année. « Le policier m’a dit que ce n’était pas un viol, que cela pouvait ruiner la vie de cet homme, il m’a fait culpabiliser et a remis en cause tout ce que je disais », a-t-elle déploré.

« On ne peut pas se contenter de cette justice sous-dotée en moyens et qui protège les agresseurs plutôt que les victimes. Avec 94% de classements sans suite des plaintes pour viol, il y a de nombreux agresseurs qui sont signalés à la justice et ne sont pas inquiétés », a déclaré Anne-Cécile Mailfert, présidente de la Fondation des femmes, en amont de la manifestation.

Des manifestations étaient organisées dans quelque 110 villes en France, comme Agen, Dijon ou Toulouse. Dans la matinée, environ 200 à 300 personnes se sont notamment rassemblées à Rennes. Dans leur appel, les organisateurs, qui rassemblent 180 associations, réclament une loi « globale » plutôt que des « mesures et des lois parcellaires, dictées par l’urgence d’affaires successives ». Un tel texte permettrait selon eux de lutter « à 360 degrés » contre les violences, allant de la prévention et du traitement judiciaire à l’accompagnement des victimes, notamment les plus vulnérables.

On se souvient qu’en 2024, cette « coalition féministe et enfantiste pour une loi intégrale » avait proposé un ensemble de 140 mesures, sur le modèle de l’Espagne. Ces mesures ont inspiré une proposition de loi déposée fin 2025 par la députée socialiste Céline Thiébault-Martinez et cosignée par une centaine de députés principalement de gauche (hors LFI) et de la coalition gouvernementale. « Nous attendons que le Premier ministre tienne ses engagements de présenter la loi intégrale à l’automne », a déclaré la députée dans le cortège parisien.

Depuis l’affaire Lyhanna, cette collégienne de 11 ans violée et tuée dans le Gers, la coalition organise chaque lundi soir des rassemblements devant les tribunaux en régions et devant le ministère de la Justice à Paris. Plus de 340.000 personnes ont signé une pétition en ligne pour cette loi.

TD avec AFP

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