« La mort rôde » dans cette affaire. Avec un certain détachement, Peimane Ghaleh-Marzban, président du tribunal judiciaire de Paris, énumère les décès de protagonistes ayant émaillé un dossier rocambolesque : chute mortelle du toit d’un immeuble, empoisonnement, crise cardiaque. Mais ce n’est pas là le cœur du sujet qui occupe, lundi 30 mars, la 32e chambre correctionnelle, spécialisée dans les affaires de cols blancs suivies par le Parquet national financier.
C’est de blanchiment d’escroquerie en bande organisée dont il est question, à la suite du détournement de 230 millions de dollars (200 millions d’euros) au préjudice du fisc russe en 2007. Une somme disséminée dans le monde entier à travers une cascade de virements bancaires, et dont une petite partie (2,1 millions d’euros) a été dépensée en France pour « divers achats et prestations », selon le Parquet national financier, notamment à Paris, à Courchevel (Savoie), à Pessac (Gironde), à Lille…
Si les flux financiers identifiés en France semblent dérisoires et si un seul prévenu était jugé, en son absence, le procès qui s’est tenu à Paris reste une première et permet de revenir sur les rouages d’une machination impliquant des hauts fonctionnaires russes et des membres de la pègre. Une bande organisée qui a réussi, sous couvert de perquisitions dans les locaux de Hermitage Capital Management, le principal fonds d’investissement étranger en Russie au milieu des années 2000, à prendre le contrôle de trois sociétés appartenant à l’investisseur américano-britannique William Browder. Les structures ainsi « kidnappées » ont ensuite servi à recevoir indûment du fisc russe les 230 millions de dollars.
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