
Les fondeurs français n’affichent plus les mêmes pudeurs qu’avant. En septembre 2025, à Tokyo, le titre mondial inattendu de Jimmy Gressier sur 10 000 m a parachevé leur mue. Leur état d’esprit frileux d’antan a cédé la place à une mentalité conquérante. « Quand Jimmy gagne, on se dit : pourquoi pas nous ?, lance sa compatriote Agathe Guillemot. On se décomplexe par rapport aux coureurs des hauts plateaux [africains] ou même des Américains, qui n’ont peur de rien et annoncent franchement leurs objectifs. »
Vendredi 20 mars, à Torun (Pologne), la Bretonne de 26 ans se présente au départ des séries du 1 500 m des championnats du monde en salle. Avec une ambition pleinement assumée : atteindre la finale, dimanche. « C’est moi qui décide de placer le curseur où je le désire. Personne ne me force à dire que je veux décrocher une médaille, et même le titre », déclare-t-elle. Elle s’attend à disputer une course dense et très serrée, mais cela ne l’effarouche pas. « Je peux finir cinquième comme première, alors autant viser la première place. »
Agathe Guillemot pourrait devenir la troisième médaillée tricolore sur 1 500 m aux Mondiaux en salle, après Patricia Djaté-Taillard, en 1997 (argent), et Hind Dehiba, en 2012 (bronze). Depuis la création de la compétition, en 1985, seuls deux coureurs français ont obtenu l’or : Marie-Pierre Duros, en 1991, sur 3 000 m, et Driss Maazouzi, en 2003, sur 1 500 m.
Il vous reste 76.83% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.

