- La crise énergétique qui secouait Cuba ces dernières années s’est fortement aggravée depuis janvier et la fin des livraisons de pétrole vénézuélien vers l’île sous pression de Washington.
- Cette pénurie a des conséquences sur le trafic aérien.
- Air France va suspendre ses vols vers La Havane à partir de fin mars et au moins jusqu’à la mi-juin, a annoncé ce mercredi la compagnie aérienne.
Une pénurie de carburant qui a des impacts économiques et touristiques. Air France va suspendre ses vols vers la capitale de Cuba, La Havane, à partir de fin mars et au moins jusqu’à la mi-juin, a annoncé ce mercredi 4 mars la compagnie aérienne à l’AFP. « En raison de la pénurie de carburant sur l’île de Cuba et de son impact sur l’activité économique et touristique, les vols de la compagnie entre Paris-Charles de Gaulle et La Havane seront temporairement suspendus à compter du dimanche 29 mars »,
a précisé Air France dans une déclaration écrite. « À ce stade, et sous réserve d’une amélioration de la situation à destination, une reprise est prévue à compter du 15 juin »,
a ajouté le transporteur, qui dessert jusqu’ici l’île trois fois par semaine en gros porteur Boeing 787.
Air France a souligné que les clients titulaires d’une réservation et concernés par les annulations seraient « contactés individuellement par email, SMS et via l’application Air France »
. « Ils se verront proposer un report, un avoir ou un remboursement intégral sans frais »
, a précisé la compagnie aérienne, disant « regretter cette situation »
.
Des coupures massives de plus en plus fréquentes
L’île de 9,6 millions d’habitants est soumise depuis plus de deux ans à des coupures massives récurrentes, dont certaines ont affecté l’ensemble de l’île. La crise énergétique s’est fortement aggravée depuis janvier dernier et la fin des livraisons de pétrole vénézuélien vers l’île sous pression de Washington, après la capture de l’ex-président Nicolas Maduro par les États-Unis. Les deux tiers du territoire de Cuba, dont La Havane, étaient sans électricité ce mercredi après une nouvelle panne dans le réseau national. « Une déconnexion du système national s’est produite »
dans l’ouest et le centre du pays, a annoncé la compagnie nationale d’électricité (UNE) sur les réseaux sociaux.
Outre les coupures géantes récurrentes, la population subit aussi de très longs délestages quotidiens qui se sont aggravés depuis janvier. La capitale cubaine a subi ces derniers jours des délestages de plus de 15 heures, qui peuvent durer plus d’une journée en province.
Aucun bateau chargé de pétrole n’est officiellement entré à Cuba depuis le 9 janvier, ce qui a forcé les autorités à prendre des mesures drastiques : suspension de la vente de diesel, rationnement de l’essence, réduction de l’offre de soins dans les hôpitaux, cours universitaires à distance, télétravail, etc. Le transport public a été aussi fortement réduit et les prix du transport privé et des aliments ont connu une forte hausse.
Ces autres compagnies qui ne desservent déjà plus Cuba
Entre le 1er janvier et le 15 février, la disponibilité d’électricité a ainsi baissé de 20% dans le pays par rapport à 2025, année au cours de laquelle Cuba avait à peine satisfait la moitié de ses besoins, selon des chiffres officiels compilés et analysés par l’AFP. Les huit centrales thermoélectriques du pays, presque toutes inaugurées dans les années 1980 et 1990, tombent régulièrement en panne ou doivent être arrêtées pour de longues semaines de maintenance. Le manque fréquent de carburant contribue aussi aux fréquentes coupures.
Face aux difficultés d’approvisionnement sur l’île caribéenne, les appareils d’Air France effectuent actuellement une escale technique aux Bahamas afin de faire le plein de kérosène. Avant Air France, plusieurs compagnies aériennes internationales ont annoncé la suspension de leur desserte de Cuba : deux russes, Rossiya et Nordwind le 11 février, juste après trois canadiennes (Air Canada, WestJet et Air Transat).

