Aluminium Dunkerque a forcé son destin en quelques années. Au moment de son acquisition en 2021 par le fonds American Industrial Partners (AIP), la plus grande aluminerie d’Europe, qui s’étend sur une partie du port de Dunkerque (Nord), ne dégageait plus que 48 millions d’euros de résultat net. En 2024, le bénéfice grimpait à 186 millions, pour un chiffre d’affaires de 800 millions d’euros et une production annuelle de 300 000 tonnes de plaques ou de lingots d’alliages d’aluminium. Sa vente était dans l’air depuis plusieurs mois. « On s’y attendait, expliquait en décembre 2025 au Monde Johan Vlietinck, le délégué CGT de l’entreprise. AIP a toujours dit qu’il avait racheté l’entreprise pour la remettre en état et la vendre. Comme tout fonds d’investissement, il recherche le gain financier rapide, pas le temps long industriel. »
On y est donc. Parmi les six candidats au rachat d’Aluminium Dunkerque, le groupe Aluminium Bahrain (dit « Alba ») est entré en négociations exclusives avec AIP. Sa fonderie d’aluminium à Bahreïn, créée en 1968, a multiplié depuis les lignes de production jusqu’à pouvoir sortir plus de 1,62 million de tonnes d’aluminium par an. C’est, en site unique, le plus grand producteur au monde. Pour Kim Marvin, associé gérant chez AIP, « Alba sera un excellent propriétaire. Leur spécialité, c’est l’aluminium. Ils n’ont pas d’autres activités. Et ils opèrent la plus grande fonderie au monde ».
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