
Le géant américain du commerce en ligne Amazon a annoncé, lundi 2 mars, investir 18 milliards d’euros en Espagne, afin de financer des projets liés au cloud et à l’Intelligence artificielle (IA). Cette somme s’ajoute à une enveloppe de 15,7 milliards d’euros, laquelle avait été officialisée en mai 2024, pour une période de dix ans.
« Nous avons annoncé notre intention d’investir (au total) 33,7 milliards d’euros en Espagne, pour développer et soutenir l’infrastructure des centres de données, en offrant des capacités avancées d’IA et de cloud aux organisations dans toute l’Europe », a déclaré la société dans un communiqué.
Sur son compte X, Pedro Sánchez, le premier ministre espagnol, s’est félicité depuis le Salon mondial du mobile, qui se tenait à Barcelone : « Je viens d’avoir une réunion avec le vice-président d’Amazon, David Zapolsky (…) qui a annoncé un investissement de 18 milliards d’euros en Espagne, le plus important en dehors des Etats-Unis pour le groupe. Dans un monde rempli d’incertitudes, notre pays est une valeur sûre », a-t-il ajouté.
Hub européen des centres de données
Dans le détail, ce nouvel investissement, dont l’annonce intervient au 15e anniversaire de la présence d’Amazon en Espagne, permettra à Amazon Web Services, son entité chargée de gérer le cloud, d’étendre les infrastructures dont il dispose actuellement dans la région d’Aragon, située au nord-est de l’Espagne.
« Le volume total [de cet investissement] (…) devrait contribuer à hauteur de 31,7 milliards d’euros au PIB total de l’Espagne, d’ici à 2035, en soutenant chaque année l’équivalent de 29 900 emplois à temps plein, dans les entreprises locales », a précisé le géant américain.
La région d’Aragon, peu peuplée, ensoleillée et fortement exposée au vent, accueille de nombreux parcs solaires et éoliens, des sources d’énergie renouvelables en plein essor dans le pays Espagne. Ses responsables politiques ambitionnent de faire de cette zone un hub européen des data centers, essentiels pour alimenter les modèles d’IA.
L’annonce d’Amazon survient en plein débat, au sein de l’Union européenne, sur la question du « cloud souverain européen », devant permettre le stockage et le traitement de données en ligne sans passer par les géants technologiques américains – AWS, Google et Microsoft –, qui contrôlent actuellement une très grande majorité du marché.

