- Main dans la main depuis le début de leur guerre contre l’Iran, les États-Unis et Israël connaissent un premier accrochage.
- Selon le média américain Axios, l’administration a été particulièrement agacée de l’ampleur des frappes israéliennes le weekend dernier sur des dépôts de carburant à Téhéran.
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L’Iran attaqué par les États-Unis et Israël, le Moyen-Orient s’embrase
De la friture sur la ligne. Après 11 jours de guerre, l’étroite relation entre les États-Unis et Israël semble connaître ses premiers tiraillements, au moment où Donald Trump est sous pression de l’opinion publique et des acteurs économiques. Alors que les prix à la pompe flambent et que les Américains sont particulièrement réticents, le président américain a dit pour la première fois lundi soir à une journaliste de la chaîne CBS que la guerre était « quasiment »
finie (nouvelle fenêtre), faisant valoir que l’Iran n’avait plus de « marine »
ni de « communications »
ou de « force aérienne »
.
Les frappes israéliennes sur Téhéran choquent
Main dans la main jusque-là, avec un clair partage des tâches, l’administration Trump se serait aussi offusquée auprès de son allié de toujours des frappes israéliennes ayant visé durant le weekend des dépôts de carburant à Téhéran. L’attaque avait enveloppé la capitale dans un épais nuage de fumée toxique provoqué par les incendies.
D’après le média Axios
(nouvelle fenêtre), des responsables américains ont été surpris par l’ampleur de cette attaque et fait part de leur étonnement à leurs homologues israéliens. « Nous ne pensons pas que c’était une bonne idée »
, a confié un haut responsable américain. « Le président n’aime pas cette attaque. Il veut garder le pétrole. Il ne veut pas le voir brûler. Et ça rappelle aux gens des prix de l’essence plus chers »
, a assuré un conseiller de Trump à Axios. Selon un responsable israélien à Axios, la réponse des Américains à ces frappes massives a été : « WTF »
, soit « C’est quoi ce bordel »
.
L’influent sénateur républicain Lindsey Graham, proche de Donald Trump et farouche adversaire de l’Iran, a appelé les Israéliens à « veiller »
au choix des cibles. « Notre objectif est de libérer le peuple iranien sans compromettre ses chances de commencer une nouvelle vie meilleure lorsque ce régime s’effondrera. L’économie pétrolière de l’Iran sera essentielle à cette entreprise »
, a-t-il écrit sur X.
Cette divergence sur la conduite de la guerre apparaît alors que le président américain et son administration peinent à convaincre des Américains réticents sur la justification de la guerre et ses objectifs. L’opposition démocrate au président Trump s’est insurgée du déclenchement d’un conflit sans autorisation du Congrès, ni stratégie de sortie bien définie, craignant qu’Israël n’ait « mis les forces américaines en danger en insistant pour attaquer l’Iran »
, selon les propos de l’élu Joaquin Castro. Sept soldats américains ont été tués dans les représailles iraniennes lancées après le début de la guerre le 28 février.
Un sondage Quinnipiac publié lundi révèle qu’une majorité d’Américains (53%) s’oppose à l’intervention militaire en Iran et que 44% estiment que les États-Unis soutiennent trop Israël. Des partisans du mouvement « MAGA » de Donald Trump ont dénoncé l’engagement américain dans une « énième » guerre à huit mois d’élections législatives de mi-mandat cruciales en novembre.

