
C’est une nouvelle victoire pour le président ultralibéral argentin, Javier Milei, qui pourra s’en vanter lors de son discours à la nation le 1er mars. Dans la nuit du jeudi 19 au vendredi 20 février, pendant que plusieurs milliers de manifestants protestaient face au Congrès et qu’une grève générale de vingt-quatre heures avait été décrétée, les députés argentins ont donné voulu par le chef de l’Etat.
La loi de « modernisation du travail », mesure emblématique donnant le coup d’envoi de la seconde partie du mandat du président d’extrême droite, rebat complètement les cartes des relations employeurs-employés et porte un coup dur à l’activité syndicale et au droit de grève.
Qualifiée d’« historique » par M. Milei, le texte vise à stimuler l’embauche et à combattre le travail informel, qui touche 43,3 % de la population active en Argentine d’après l’Institut national des statistiques. Pour y parvenir, il prévoit des réductions de cotisations patronales pour les nouvelles embauches et une amnistie pour les entreprises qui régulariseraient des employés informels.
Ses détracteurs dénoncent une loi qui bénéficie principalement aux grandes entreprises. Elle permet notamment d’étendre les journées de travail jusqu’à douze heures, tout en maintenant douze heures de repos entre deux jours travaillés. La loi ouvre aussi la voie, « d’un commun accord entre employeur et employé », à un « régime de compensation des heures supplémentaires » sous forme d’une « banque d’heures » ou par des jours de congé. « Après avoir cherché obstinément un élément qui bénéficierait au salarié, je peux affirmer qu’il n’y en a aucun », a regretté le député de centre droit Miguel Angel Pichetto.
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