• Les tensions sont croissantes entre la Russie et l’Arménie en raison des aspirations de cette dernière à rejoindre l’UE.
  • Vladimir Poutine a rappelé son ambassadeur pour « consultations », précisant que le « scénario ukrainien » avait débuté avec la tentative de Kiev de se rapprocher de Bruxelles.

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Ukraine : la guerre entre dans sa 5ᵉ année

Vladimir Poutine somme l’Arménie de choisir. À l’heure où Erevan tangue entre l’UE et l’Union économique eurasienne, le président russe a affirmé que son allié doit choisir car il est « impossible de concilier les deux« . Le maître du Kremlin n’a pas hésité à menacer le Premier ministre Nikol Pachinian, assurant que le « scénario ukrainien » avait débuté avec la tentative de Kiev d’adhérer à l’UE.

« Le Premier ministre a lui-même dit qu’il juge juste d’organiser un référendum à ce sujet, où l’Arménie doit se situer : dans l’Union eurasiatique ou dans l’Union européenne. Nous souhaiterions que cela soit fait le plus tôt possible« , a prévenu Vladimir Poutine lors d’une conférence de presse à Astana au Kazakhstan vendredi dernier. Ce dernier était entouré des présidents biélorusse, kazakh et kirghiz, qui tous ont tous demandé à ce que l’Arménie décide entre l’une ou l’autre union dans un référendum.

Il serait illogique d’organiser un référendum

Nikol Pachinian

Le point de vue de Vladimir Poutine est déjà connu, lui qui avait déjà estimé début mai qu’il serait « logique » que les Arméniens se prononcent sur cette question dans un référendum. Sauf que, désormais, le Kremlin accentue la pression. Côté diplomatie, il a rappelé samedi son ambassadeur en Arménie. Côté économique, il a décidé de limiter l’importation de fruits et de légumes, invoquant des « violations » phytosanitaires.

Nikol Pachinian, lui, tente de calmer son allié, estimant que les relations avec la Russie étaient dans une « phase de transformation« . Dans une allocution vidéo sur Facebook, le Premier ministre a indiqué qu' »il serait illogique d’organiser un référendum » tant que le choix entre les deux blocs « ne sera pas inévitable, tant que l’Arménie n’aura pas officiellement déposé sa candidature à l’adhésion à l’UE ou qu’elle ne sera pas proche d’obtenir le statut de pays candidat« .

« Nous sommes en train de construire de nouvelles relations avec la Russie, et je suis convaincu que nous y parviendrons, notamment parce que nos relations avec la Russie sont ouvertes et sincères« , a abondé le dirigeant. Il n’empêche : si les deux pays partagent des siècles d’histoire commune, leur proximité a du plomb dans l’aile. Erevan reproche en effet à Moscou de ne pas l’avoir aidée lors de la guerre avec l’Azerbaïdjan en 2023 et sollicite désormais les faveurs de l’UE et des États-Unis. 

Elle a notamment accueilli un sommet européen plus tôt ce mois-ci, l’UE saluant un « bond en avant » dans ses relations. Elle avait mis un terme en 2024 à ses relations en matière de sécurité avec la Russie et voté une loi l’année suivante dans laquelle elle manifestait son intention de rejoindre un jour l’Union européenne. Des élections législatives prévues ce week-end auront valeur de test pour le pouvoir arménien.

T.G.

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