• Le « chalant dating » prône une approche directe et sincère des relations amoureuses.
  • Cette tendance valorise l’investissement émotionnel progressif.
  • Loin des tactiques désengagées, elle invite à abandonner le flou pour privilégier clarté et la communication.

Depuis plusieurs mois, une tendance amoureuse se répand comme une traînée de poudre : « le chalant dating« . Vous ne trouverez pas ce mot dans un dictionnaire mais il se veut être le contraire de la « nonchalance ». Ce terme décrit une approche des relations amoureuses qui prône la clarté et qui contraste avec les conseils traditionnels en matière de dating. Il s’agit de « répondre, montrer son intérêt, être clair, être présent, assumer qu’on tient à quelqu’un sans jouer, sans calcul stratégique systématique« , explique la thérapeute Anissa Ali à TF1info, soit le « minimum syndical relationnel« . 

Exit la règle des trois jours, des trois heures avant de répondre à un message, l’attitude indifférente même si l’intérêt est là. Pour la thérapeute, le « chalant dating » consiste « à arrêter de jouer les blasés » et à jouer franc-jeu. Traduction : une communication directe, des rendez-vous pensés et un investissement assumé. « En clair, on remplace la posture du cool désengagé par une présence lisible« , résume Anissa Ali.

Une réhabilitation de l’investissement émotionnel

Là où la nonchalance est une stratégie d’adaptation pour tenter de naviguer là où « trop s’investir exposait à la déception, à l’humiliation, au rejet public ou silencieux« , comme une « façon de se protéger« , le « chalant dating » semble être une « forme de réhabilitation de l’investissement émotionnel« . Cette tendance serait une manière de redonner de la valeur à la clarté, à la lisibilité, à l’effort, à l’intention et de reléguer le flou artistique des relations modernes. Le flou, justement, c’est ce qui caractérise les « situationship », ces couples qui ne sont pas vraiment ensemble, avec « beaucoup de signes et peu de positionnement, beaucoup d’intensité diffuse et peu de direction« . Pour Anissa Ali, « le chalant dating, lui, repose sur une grammaire inverse« . Elle résume : « Le chalant dating dit : ‘si tu veux rester, montre-le ; si tu ne veux pas, ne fais pas perdre le temps ni la santé mentale de l’autre' ».

Avec le « chalant dating », la clarté et la continuité sont donc de mise et surtout, elles sont progressives. Cette manière d’établir une relation « ne cherche pas à étourdir, il cherche à rassurer, sécuriser, stabiliser« . Et c’est en ça qu’il se distingue d’un « love bombing » qui se caractérise par une intensité prématurée. « Le love bombing, lui, brûle les étapes, dramatise le lien, surinvestit trop tôt. La différence tient donc moins à la présence qu’au rythme, à la proportion et à la cohérence. Une attention stable n’est pas une invasion affective« , rappelle Anissa Ali. Elle ajoute : « Dans une époque où beaucoup ont perdu le sens des gradations, il convient peut-être de réapprendre à distinguer l’effort du débordement« . Et de conclure que « les relations deviennent plus claires quand on renonce à trois addictions contemporaines : paraître détaché, garder toutes les options ouvertes, et croire que l’autre doit tout deviner. Le chalant dating a au moins ce mérite-là : rappeler que la lisibilité est même parfois la forme la plus élégante du respect« . 

Sabine BOUCHOUL pour TF1 INFO

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