- Plusieurs milliers de personnes ont défilé ce samedi à Saint-Etienne en soutien aux Magic Fans et aux Green Angels.
- Ces deux groupes de supporters des Verts sont accusés d’être à l’origine d’incidents graves à Dunkerque et Grenoble ces derniers mois.
- Convoqués lundi, ils pourraient être dissous dans la foulée.
Carton rouge pour les supporters des Verts ? Des milliers de personnes ont manifesté ce samedi à Saint-Etienne afin d’apporter leur soutien à deux groupes d' »ultras » de l’équipe de foot locale qui pourraient se voir dissous ce lundi, accusés d’être à l’origine d’incidents graves ces derniers mois. « Liberté pour les ultras ! »
, ont scandé les 4.300 manifestants, selon la préfecture – 5.000 selon les organisateurs – défilant vers le stade Geoffroy-Guichard, où le club recevait Dunkerque (2-1) à l’occasion de la 30e journée de L2. « Le Chaudron ne se dissout pas »
, pouvait-on lire sur la banderole en tête de cortège, en référence au surnom du stade de foot local.
L’an dernier, à la même époque, plus de 3.000 personnes avaient également battu le pavé pour défendre les Magic Fans et les Green Angels. Ces deux groupes ultras de supporters avaient finalement échappé à une dissolution. Mais ils sont à nouveau convoqués, lundi, devant la Commission nationale consultative de prévention des violences lors des manifestations sportives (CNCDP), organe de l’État habilité à décider de la dissolution d’un groupe de supporters. La commission donnera son avis le même jour après avoir entendu les observations des parties concernées, selon une source proche du dossier.
Les dissoudre ne fera pas disparaître les problèmes
Les dissoudre ne fera pas disparaître les problèmes
Le président de l’ASSE Ivan Gazidis
Les deux principaux groupes de supporters de l’AS Saint-Etienne, actuellement deuxième de L2 et en course pour une remontée en L1, sont notamment accusés d’incidents, à Dunkerque le 6 décembre avec les forces de l’ordre, puis le 14 mars à Grenoble. « Les dissoudre ne fera
pas disparaître les problèmes »
, a estimé il y a une semaine le président de l’ASSE, Ivan Gazidis, dans le quotidien La Tribune-Le Progrès
. Le risque est « de déplacer les tensions vers des espaces moins visibles, moins encadrés et plus difficiles à maîtriser pour nous tous »
, a-t-il insisté.
Les responsables politiques s’en mêlent
« On est surpris et inquiets car les arguments sont sensiblement les mêmes que l’an dernier »
, a estimé lors de la manifestation Pierre Barthélémy, avocat des deux groupes de supporters. « Tout a été mis en œuvre »
par les groupes en vue d’éviter les violences, a-t-il assuré à l’AFP, ajoutant que, « à aucun moment, les associations de supporters ne sont concernées
» par les incidents reprochés par les autorités. « Dès lundi, on va remettre la pression car il n’y a aucune raison de relancer cette procédure de dissolution »
, a déclaré le sénateur LR de la Loire, Hervé Reynaud, également participant à la manifestation.
À l’issue de la marche, les groupes de supporters avaient rendez-vous avec les dirigeants du club pour une réunion préparatoire avant l’échéance de lundi, en présence notamment du nouveau maire PS de Saint-Etienne, Régis Juanico, également mobilisé contre la double dissolution. « Nous avons affiché notre volonté de montrer que nous sommes tous unis derrière l’AS Saint-Etienne et ses supporters »
, a déclaré pour sa part le sénateur centriste de la Loire Pierre-Jean Rochette près cette réunion. Une unanimité politique payante ?

