- Une pétition pour la panthéonisation de Samuel Paty a dépassé, ce jeudi 2 avril en fin de journée, les 28.000 signatures.
- Lancée par Gaëlle Paty, l’une de ses sœurs, le texte explique vouloir aussi rendre hommage « à tous les enseignants ».
- Samuel Paty, professeur d’histoire-géographie, avait été assassiné par un terroriste islamiste le 16 octobre 2020 à Conflans-Sainte-Honorine (Yvelines).
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L’assassinat de Samuel Paty, professeur d’histoire
Robert Badinter le qualifiait de « héros tranquille »
. Samuel Paty, professeur d’histoire-géographie assassiné par un terroriste islamiste, le 16 octobre 2020 à Conflans-Sainte-Honorine (Yvelines), pourrait-il suivre le même chemin que l’ancien garde des Sceaux, mort en 2024 et panthéonisé l’an dernier ? C’est ce que demande une pétition lancée le 30 mars 2026 par l’une de ses sœurs, Gaëlle Paty, qui recueille déjà plus de 28.000 signatures sur la plateforme Change.org (nouvelle fenêtre), à l’heure d’écrire ces lignes.
Rendre hommage à un homme, mais aussi à tous les enseignants
Rendre hommage à un homme, mais aussi à tous les enseignants
Le comité à l’origine du texte
Le texte, qui a franchi la barre des 20.000 signataires en 48 heures, place Samuel Paty dans la même « fraternité »
que les résistants Missak Manouchian ou Marc Bloch. « Il a refusé d’abandonner son combat pour continuer à transmettre »
, écrivent notamment les auteurs et autrices de la pétition. Outre Gaëlle Paty, l’historienne Valérie Igounet, son confrère Christophe Capuano, et la professeure d’histoire Joëlle Alazard cosignent la pétition.
Pour eux, panthéoniser Samuel Paty reviendrait à « rendre hommage à un homme, mais aussi à tous les enseignants qui, chaque jour, font vivre »
la liberté d’enseigner et de penser.
Une cabale à l’origine de l’attentat
Le 16 octobre 2020, Samuel Paty a été assassiné par Abdoullakh Anzorov, 18 ans, à la sortie du collège où il enseignait à Conflans-Sainte-Honorine. Il avait 47 ans. Le terroriste islamiste a justifié ses actes en faisant référence aux caricatures de Mahomet, publiées par Charlie Hebdo,
que le professeur avait montrées à ses élèves de quatrième lors d’un cours sur la liberté d’expression. Il avait été abattu par la police peu après l’attentat. L’assassinat a eu lieu alors que le procès des attentats de Charlie Hebdo
était en cours.
Sa revendication trouvait son origine dans une cabale en ligne, lancée par Brahim Chnina, père d’une élève qui avait prétendu que Samuel Paty aurait demandé aux élèves musulmans de sortir de la salle. L’imam intégriste Abdelhakim Sefrioui a également relayé la vidéo, où le nom et le collège du professeur ont été divulgués.
Un premier procès s’était tenu en 2023 devant le tribunal pour enfants de Paris. Un deuxième avait eu lieu en 2024 devant la cour d’assises spéciale de Paris, mettant en lumière l’engrenage ayant précipité la mort de l’enseignant. Brahim Chnina et Abdelhakim Sefrioui ont été condamnés respectivement à treize et quinze ans de réclusion pour « association de malfaiteurs terroriste ». En appel début 2026, la peine du premier a été réduite à dix ans, quand celle du second a été confirmée – il s’est pourvu en cassation.
L’an dernier, le collège où Samuel Paty enseignait a été renommé en son honneur. Le Panthéon, lui, accueille à ce jour 83 personnes : 76 hommes et 7 femmes.

