Les lieux de l’attaque antisémite, au lendemain de l’incendie de plusieurs ambulances bénévoles gérées par une organisation juive, à Londres, le 24 mars 2026.

Soupçonnés d’être impliqués dans l’incendie qui a détruit quatre ambulances de la communauté juive à côté d’une synagogue à Londres dans la nuit de dimanche à lundi, deux hommes ont été arrêtés mercredi 25 mars, selon la police de Londres.

Arrêtés « pour suspicion d’incendie criminel avec intention de mettre des vies en danger », ils ont été placés en garde à vue. L’attaque, qui n’a pas fait de victime, avait été qualifiée lundi de « crime de haine antisémite » par la police londonienne. L’unité antiterroriste a été chargée de l’enquête, même si l’incident à ce stade n’a pas été qualifié de « terroriste ».

Quatre véhicules de secours de la Jewish Community Ambulance, une association juive gérant un service d’urgence bénévole, ont été incendiés dans la nuit de dimanche à lundi dans le quartier de Golders Green, dans le nord-ouest de Londres, où vit une importante communauté juive.

Attaque revendiquée par un groupe qualifié de pro-iranien

Ces deux hommes de 47 et 45 ans, dont la nationalité n’a pas été précisée, « ont été arrêtés à des adresses situées respectivement dans le nord-ouest de Londres et dans le centre de Londres », précise le communiqué de la police londonienne. Les arrestations de ce jour sont « une avancée importante dans l’enquête, mais nous sommes aussi conscients que les images de vidéosurveillance de l’incident laissent penser qu’au moins trois personnes étaient impliquées », a déclaré la cheffe de la lutte antiterroriste à Londres, Helen Flanagan, citée dans le communiqué.

Le chef de la police de la capitale, Mark Rowley, avait affirmé lundi soir que les enquêteurs exploraient « toutes les pistes, y compris une revendication en ligne d’un groupe islamiste qui a revendiqué d’autres attentats à travers l’Europe et qui pourrait avoir des liens avec l’Etat iranien ».

Un groupe, jusqu’à récemment inconnu, et dénommé Harakat Ashab Al-Yamin Al-Islamiya, a publié une vidéo revendiquant l’attaque sur une chaîne Telegram nouvellement créée. Il est qualifié de pro-iranien par l’organisation de veille des groupes djihadistes SITE Intelligence Group, tandis que l’International Centre for Counter-Terrorism, centre de recherche basé aux Pays-Bas, souligne que le message de revendication a circulé sur des comptes en ligne de milices chiites pro-iraniennes. Ce groupe a revendiqué d’autres attaques récentes en Belgique et au Pays-Bas.

Lundi soir, le chef de la police londonienne a alerté sur la menace posée par l’Etat iranien sur le territoire britannique, lors d’un dîner organisé par l’organisation juive Community Security Trust. « La multiplication ces dernières années, des menaces émanant de l’Etat iranien est préoccupante », a déclaré Mark Rowley. « Il est trop tôt pour moi d’imputer l’attaque » contre les ambulances « à l’Etat iranien », a-t-il toutefois ajouté, « c’est à l’enquête antiterroriste qu’il revient, à juste titre, de le déterminer ».

Le Monde avec AFP

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