Le ministre français des affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, est arrivé samedi 30 août au soir à Nuuk, la capitale du Groenland pour exprimer « la solidarité » de la France au peuple groenlandais, a annoncé la diplomatie française. Le territoire danois est en proie à des tentatives d’ingérence de la part des Etats-Unis, Donald Trump ne cachant pas son désir de s’en emparer.
Cette visite intervient trois jours après la révélation par la télévision danoise qu’au moins trois Américains, liés au président Donald Trump, ont mené des opérations d’influence au Groenland. Le Danemark a aussitôt convoqué le chargé d’affaires américain pour obtenir des explications.
M. Barrot est au Groenland jusqu’à dimanche à l’invitation de son homologue groenlandaise, Vivian Motzfeldt. « Ce déplacement permettra de souligner la profondeur de nos liens d’amitié bilatéraux et de témoigner de la solidarité de la France à l’égard du Danemark, du Groenland et du peuple groenlandais, face aux défis actuels », a expliqué le ministère français des affaires étrangères dans un communiqué.
Dans le port de Nuuk, M. Barrot a visité samedi un navire militaire français, le BSAM Garonne. « La navigation en zone arctique est particulière, a relevé auprès de l’Agence France-Presse le commandant du bateau, Gwenaël Gourgues. Ça nécessite de l’entraînement et notre présence ici nous permet aussi de nous habituer à opérer dans cette région arctique. »
Des régions « gagnées par une forme de conflictualité »
« Ce sont des régions qui sont lointaines certes, mais qui sont aujourd’hui gagnées par une forme de conflictualité, une forme d’agressivité nouvelle, c’est la raison pour laquelle la France, grande puissance maritime, est présente aujourd’hui », a souligné le ministre.
Il aura dimanche un entretien avec le premier ministre groenlandais, Jens-Frederik Nielsen, et avec Mme Motzfeldt avant une conférence de presse.
Emmanuel Macron s’était rendu mi-juin au Groenland pour exprimer la solidarité européenne à son peuple. Il avait critiqué la volonté de Donald Trump d’annexer l’île arctique.
Après son élection, le président américain avait expliqué avoir « besoin » du Groenland, notamment pour la sécurité des Etats-Unis, répétant à plusieurs reprises son souhait de s’en emparer. Le Groenland, soutenu par sa puissance de tutelle, a rétorqué ne pas être à vendre et décider seul de son avenir.