
Il aura fallu que la vague de manifestations, commencée le 20 février 2011 dans l’élan des « printemps arabes », soulève une partie du Maroc pour que Mohammed VI accepte enfin de modifier la Constitution du royaume. Depuis son intronisation en 1999, il s’était refusé à sauter le pas, malgré les demandes de la société civile et de partis politiques, avant de finalement céder devant l’ampleur d’une contestation populaire sans précédent sous son règne. Aussi la réforme se voulait-elle à la hauteur des attentes exprimées dans la rue. « Un nouveau pacte entre le trône et le peuple », synonyme de « consolidation de l’Etat de droit », selon le monarque et son entourage. Mais quinze ans après, force est de constater que cet aggiornamento a produit bien peu d’effets.
Le palais avait pourtant présenté la nouvelle Loi fondamentale comme le résultat d’un « compromis historique ». « Une réforme globale, audacieuse et avant-gardiste » actant l’élargissement des libertés individuelles et l’affirmation du principe de séparation des pouvoirs et d’indépendance de la justice. La Constitution offrait même une nouvelle section sur les droits fondamentaux des citoyens, inscrivant dans le marbre, pour la première fois, les mots « torture », « détention arbitraire » et « corruption ». Tout un symbole.
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